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Dimanche 10 juillet 2016

II Rois 5, 1-19

 

Ce matin nous allons découvrir ou redécourir une histoire ensemble, une histoire qui nous plonge dans une époque assez tourmentée du peuple d'israel – une période ou les rois se succèdent sur les 2 trones de Juda (au sud) et de Samarie (royaume de Nord). Nous sommes à l'époque du roi Joram, fils d'Achab, vers le milieu du 9e siècle. C'est une période de guerres, contre les peuples et nations qui entourent Israel et Juda : Moab, la Syrie, Edom, et de tensions internes, entre les différents prétendants au trone. Une période ou le peuple et les rois sont souvent infidèles à Dieu. Cette période va se terminer par la chute du royaume du Nord en 722, la prise de la capitale Samarie et l'éxil pour une grande partie de la population – cela débouche sur 200 ans de domination assyrienne.

 

Ca c'est pour le tableau historique... mais dans ce récit, il y a une histoire dans la grande Histoire.

Une histoire qui nous montre comment Dieu est présent, parfois, souvent incognito, tout proche. 

 

Notre histoire a 2 héros = une jeune fille - on ne connaît pas son nom – et Naaman.

Deux personnages très différents :

Naaman = homme fort, soldat, général en chef des armées du roi de Syrie, homme qui a remporté bcp de batailles et de victoires, un proche du roi. Un homme qui a tout ce qu’un homme peut vouloir = puissant, succès, richesse – mais Malade = lèpre, une maladie de peau

Jeune fille = fillette du peuple d’Israel, capturée par des syriens, esclave au service de la femme de Naaman.

  

Deux personnages bien différents, bien contrastés : Il croit être quelqu'un d'important, il croit tout avoir, mais il n'a rien.

Elle n'est rien, elle n'a rien, mais en fait elle sait tout.

Deux personnages qui ont un point commun : Chacun porte un fardeau – pour Naaman sa maladie, pour la jeune fille sa situation.

 

Les syriens sont les conquérants, les vainqueurs d'israel, ils adorent d'autres divinités (Rimmôn évoqué dans la fin du récit), et Dieu choisit quand même de s'inviter dans la vie de Naaman et invite Naaman à se mettre en route. Mais Naaman ne le sais pas encore. Vous avez entendu la manière dont la parole va circuler.

La fillette a parlé à sa maitresse parce que la fillette connaît Elisée le prophète de Dieu en Israël.

(Alors la femme de Naaman en parle à son mari = cela n'est pas dit mais on le comprend).

Naaman finalement va en parler au Roi, son maître et son ami. Qui l’envoie vers le roi d’Israël.

Le roi d’Israël comprend les choses de travers, et craint que le roi de Syrie ne lui tende un piège et ne cherche une raison pour l’attaquer. Mais le prophète Elisée qui entend parler de cela invite finalement Naaman à venir chez lui.

L’histoire avance difficilement. Chacun des personnages a un peu de mal à comprendre ou à se faire comprendre.  

C’est un peu comme cela aussi dans nos vies. Un signe, une parole nous invite à nous mettre en route, comme Naaman s’est mis en route. Mais le chemin que nous suivons nous fait avancer à tâtons, nous avons nous aussi des difficultés à comprendre ce que Dieu attend de nous, quelle décision, quel choix il attend de nous. Ce n'est pas simple... nous pensons nous aussi qu'il nous faut apporter des mots d'explication, des richesses, des bons points

 

Enfin la rencontre a lieu... enfin presque !

Parce que quand Naaman arrive chez Elisée le prophète, celui-ci ne sort même pas (faute de politesse et de diplomation) mais lui envoie un serviteur avec un message plutot étonnant : va te laver 7 fois dans le Jourdain et tu seras pur. C'en est trop pour Naaman, qui ne comprend pas, parce qu'il s'attendait à autre chose.

Imaginez, il vient de loin, long chemin, de Damas, une cité importante, traversée par 2 fleuves, et on lui demande d'aller se laver dans une petite rivière... ou pour faire un parallèle, Il habite au bord de la Loire et on lui demande d'aller se laver dans la Chézine, ou le Cens... La encore, ce sont les serviteurs qui vont jouer un rôle de premier plan, qui vont l'interpeller avec raison. (vous avez remarqué comment les serviteurs jouent un rôle important dans ce récit...)

 

Ce qui me semble intéressant pour nous ici, c'est justement l'écart qui se révèle entre l'attente de Naaman, ce qu'il imagine comme devant être fait, ce qu'il attend comme geste de la part du prophète, et ce que Dieu a prévu pour lui. La manière dont Dieu a choisi de lui répondre. Naaman va être guéri de sa maladie de peau, il va suivre finalement les indications d'Elisée et se laver dans le jourdain. Il est guéri physiquement et peut-être aussi intérieurement, de ce qu'il croyait savoir, de ce qu'il pensait être le chemin de la guérison, le chemin de la réstoration, de la solution à son problème. 

 

Nous aussi nous avons souvent des idées assez précises de ce qu'il nous faudrait comme solutions à nos problèmes. Comme chemin de restoration ou de guérison intérieure. Quelles sont les conditions requises pour que nous nous sentions bien, en sécurité, apaisés. Nous croyons savoir ce qu'il nous faut (faudrait), pour être heureux.
Quand je gagnerai... par an, je serai bien. Quand j'aurai trouvé un conjoint, une conjointe, je serai bien. Quand j'aurai perdu 10 kilos, ou quand j'aurai fait acheté cette nouvelle voiture, ou quand j'aurai terminé ce diplôme, ou quand on me traitera comme ci ou comme ca, quand j'aurai tel poste dans la société, quand j'aurai atteint tel ou tel objectif... je serai bien. Tout ira bien pour moi, je serai enfin heureux.

 

Ce matin, l'histoire de Naaman nous invite à un autre regard : Naaman a du apprendre que malgré la haute idée qu'il se faisait de lui même, de son rang, la guérison lui a été donnée non pas dans l'extraordinaire, mais dans l'ordinaire. Non pas dans une cérémonie exceptionelle à grand spectacle, mais dans un geste si simple, dans l'eau du Jourdain. Il a du apprendre à abandonner ses idées préconçues et ses attentes, pour recevoir la visite de Dieu dans sa vie.

 

Ce matin, Lorry et Olivia n'ont pas été plongées 7 fois dans le Jourdain, mais elles ont été baptisées avec un peu d'eau... du robinet. Rien d'extraordinaire. Elles ont été baptisées au nom de Dieu manifesté en Jésus-Christ, un homme ordinaire aux yeux de ses contemporains, un homme qui n'a écrit de livre, qui n'a pas livré de bataille, qui n'a pas régné sur un royaume, qui n'a jamais habité de palais, qui n'a jamais été chef d'état, qui n'a jamais eu de maison, qui n'a sans doute pas possédé autre chose que les vêtements qu'il portait sur son dos.

Dieu choisit souvent l'ordinaire pour y manifester sa présence, extraordinaire.

Mais souvent nous, nous attendons le grand spectacle, le grand show, nous voulons, nous exigeons que Dieu agisse dans sa grandeur... Bien souvent il nous donne rdv dans les petits miracles du quotidien.

Mais Dieu a choisi ce qui est faible pour confondre ce qui est fort.

Il a choisit ce qui est petit pour confondre ce qui est grand.

Il a choisi ce qui est fou pour confondre ce qui est sage. (I Corinthiens 1, 27-28)

 

Le Dieu d'Elisée le prophète, le Dieu qui se révèle à Naaman, le Dieu de Jésus Christ est un Dieu qui choisit d'etre proche de nous, au milieu de nous, de vivre comme l'un de nous, de mourir comme nous.

Dieu nous invite à nous mettre en marche, comme Naaman, à nous mettre à l'écoute des signes de sa parole, des prophètes qu'il place dans nos vies, mais dont les paroles souvent nous déroutent, parce que nous nous attendons à autre chose... Comme Naaman nous sommes invités à faire un chemin nécessaire, même si Dieu est tout proche, parce que comme Naaman nous avons nos propres attentes, nos idées préconçues sur la manière dont Dieu doit agir pour nous, pour les autres, pour le monde, nous le pensons très haut, très grand, il est la tout près de nous.

Ce matin, il est la, dans l'accueil de ces deux fillettes, dans le pain et le vin que nous allons partager, dans la parole que nous avons écouté ensemble, dans son amour qui est donné, toujours, à tous, sans condition, sans autre exigence que d'oser nous exposer, oser ouvrir les mains pour le recevoir.

C'est peut être que ce jour-la est arrivé pour vous. Amen. 

 

Pasteur Caroline SCHRUMPF

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Johannes Becker (06 12 26 17 08)