2017

Dimanche 9 juillet 2017 Pasteur Caroline Schrumpf

Jean 1, 29-39

29Le lendemain, il vit Jésus s’approcher de lui et dit: «Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. 30C'est celui à propos duquel j'ai dit: ‘Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il existait avant moi.’ 31Pour ma part, je ne le connaissais pas, mais c'est afin de le faire connaître à Israël que je suis venu baptiser d'eau.» 32Jean rendit aussi ce témoignage: «J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui. 33Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau m'a dit: ‘Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est lui qui baptise du Saint-Esprit.’ 34Et moi, j'ai vu et j'atteste qu'il est le Fils de Dieu.»

35Le lendemain, Jean était encore là avec deux de ses disciples. 36Il vit Jésus passer et dit: «Voici l'Agneau de Dieu.» 37Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles et suivirent Jésus. 38Jésus se retourna et, voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: «Que cherchez-vous?» Ils lui répondirent: «Rabbi – ce qui signifie maître –, où habites-tu?» 39«Venez, leur dit-il, et voyez.» Ils y allèrent [donc], virent où il habitait et restèrent avec lui ce jour-là. C'était environ quatre heures de l'après-midi.

 

Je me souviens il y a quelques années, nous avons accueilli pendant l'été un groupe d'étudiants étrangers qui venaient pour nous rencontrer, rencontrer des chrétiens, des protestants en France, pour découvrir notre culture, et voir comment Dieu est à l'oeuvre dans son église ici...

et nous les avons accueills dans des familles pour des repas, pour des rencontres... et aussi nous leur avons fait faire une visite guidée de la ville. Ils ont pris bcp de photos, ils se sont pris en photo... mais n'ont pas écouté grand chose de ce qu'Annick, notre guide, nous faisait découvrir. Ils étaient présents, physiquement, mais intéressés par autre chose...

 

C'est une expérience que vous avez faite aussi sans doute. On est en voyage, en vacances, on va visiter un endroit nouveau, inconnu, dans notre pays ou dans un pays étranger, mais en réalité on est tellement absorbé par nos propres pensées, par nos soucis, que nous ne voyons pas réellement.

Nous regardons sans voir. (ou l'inverse) nous écoutons sans entendre... comme si notre corps était la, mais que notre esprit n'était pas vraiment disponible, pas présent.

il y a quelques jours, j'étais à Londres pour participer à l'installation d'un collègue pasteur anglais, qui a été pasteur pendant 17 ans dans notre église prot unie en France, et qui est reparti en Angleterre prendre la résponsabilité d'une paroisse à Londres. Du coup, j'ai pris une journée pour me promener seule à Londres, pour visiter, à ma guise.

En y pensant juste avant, je dois avouer j'ai eu une petite appréhension... (ridicule) je n'ai pas l'habitude de visiter des grandes villes seule. Qu'est ce que j'avais envie de voir, de faire ? Tout à coup, la liberté...

 

Ce matin, les disciples de Jean-Baptiste nous entrainent dans une réflexion sur ce que nous cherchons, ce que nous voulons, et ce que nous désirons vraiment, ce à quoi nous aspirons... tout cela n'étant pas exactement équivalent !

Nous avons relu le récit du bapteme de Jésus pour comprendre le contexte de l'échange entre Jésus et les deux disc, mais c'est bien cet échange sur lequel nous allons nous arrêter.

Sur le témoignage de Jean Baptiste, ces deux hommes quittent leur maitre et se mettent à suivre un nouveau maitre Jésus. Jésus les interpelle : Que cherchez vous ? C'est une drôle de question... comme si Jésus voulait tester leur motivation, leur intention... il ne dit pas QUI cherchez vous ? Mais que cherchez vous (dans le grec c'est un neutre)

que cherchez vous ? Cela peut vouloir dire bcp de chose :

que voulez vous ? (neutre) ou bien à quoi aspirez vous (le plus fort)

et parfois nous voulons des choses pour nous meme ou pour nos proches, mais ce n'est pas ce à quoi nous aspirons réellement. Nous nous trompons. Nous plaquons sur nos aspirations profondes, etre aimé, etre reconnu, etre nous meme... nous plaquons des schémas que nous nous imaginons, ou que nous recevons des personnes autour de nous... mais pas de Dieu. Nous voulons etre aimé – nous pensons qu'il faut plaire, qu'il faut séduire, qu'il nous faut etre comme ceci ou cela. Et nous agissons en conséquence parfois avec bcp de déceptions et de désillusions. Alors que notre réelle aspiration nous oriente ailleurs. Mais nous ne le voyons pas.

 

Jésus leur demande que cherchez vous ? Ils répondrent où habites tu ? La encore attention au mot : ils ne demandent pas à Jésus son adresse... le mot en fait c'est demeurer. Où demeures tu ? C'est un mot très fort de sens.

Où fais tu ta demeure ? Ton lieu profond ? Ton identité ?

Et Jésus répond encore de manière étonnante : venez et voyez. Une invitation.

Il ne leur dit pas : prenez note, je vais vous expliquer la théologie de l'incarnation et mon identité comme Fils de Dieu.

Il les invite à un déplacement : venez et à une expérience concrète : voyez.

Et la suite du récit, c'est que les disciples vont demeurer là où Jésus demeure : Avec lui, on pourrait même dire en lui.

Demeurer avec Jésus-Christ, cela nous déplace, et c'est une expérience concrète.

Demeurer avec Jésus-Christ, c'est répondre à son appel, de manière simple.

Demeurer avec Jésus-Christ, c'est se poser des questions et même douter, car douter, exprimer une difficulté à faire confiance à Dieu, c'est déjà dire en creux notre attente de lui, notre désir de sa présence.

Demeurer avec Jésus-Christ, c'est même avec nos moyens limités, fragiles, oser aimer, oser servir, oser faire confiance, oser etre témoins de son amour pour le monde, dans le monde, oser prier meme quand tout semble contraire, oser espérer meme dans les circonstantes éprouvantes. Oser etre présent ici et maintenant à ce que Dieu nous dit, à ce qu'il nous donne, à ce qu'il nous invite à vivre, sans nous échapper dans notre imagination ou nos soucis.

(sur une idée de N. Bolz-Weber)

Dimanche 8 janvier 2017 – Epiphanie Pasteur Caroline Schrumpf

Matthieu 2, 1-12

Jésus naît à Bethléem, en Judée, au moment où Hérode le Grand est roi. Alors, des sages viennent de l’est et arrivent à Jérusalem. Ils demandent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile se lever à l’est, et nous sommes venus l’adorer. » Quand le roi Hérode apprend cela, il est troublé, et tous les habitants de Jérusalem aussi. Le roi réunit tous les chefs des prêtres de son peuple avec les maîtres de la loi. Il leur demande : « À quel endroit est-ce que le Messie doit naître ? » Ils lui répondent : « Le Messie doit naître à Bethléem, en Judée. En effet, le prophète a écrit : “Et toi, Bethléem, du pays de Juda, tu n’es sûrement pas la moins importante des villes de Juda. Oui, un chef va venir de chez toi, il sera le berger de mon peuple, Israël.” »

Alors Hérode fait appeler les sages en secret. Il leur demande : « À quel moment est-ce que l’étoile est apparue ? » Ensuite il les envoie à Bethléem en disant : « Allez vous renseigner exactement sur l’enfant. Quand vous l’aurez trouvé, venez me prévenir, et moi aussi, j’irai l’adorer. » Après ces paroles du roi, les sages se mettent en route. Ils aperçoivent l’étoile qu’ils ont vue à l’est. Ils sont remplis d’une très grande joie en la voyant. L’étoile avance devant eux. Elle arrive au-dessus de l’endroit où l’enfant se trouve, et elle s’arrête là. Les sages entrent dans la maison, et ils voient l’enfant avec Marie, sa mère. Ils se mettent à genoux et adorent l’enfant. Ensuite, ils ouvrent leurs bagages et ils lui offrent des cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Après cela, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner chez Hérode. Alors ils prennent un autre chemin pour rentrer dans leur pays.

 

Quelles bonnes résolutions avez vous prises pour la nouvelle année ?

Arrêter de fumer ? Faire du sport ? Perdre … kg ? Mieux s'organiser ? Faire une invitation pour les voisins ? Manger bio ? Apprendre à dire non ? Ne plus être systématiquement en retard ? Passer plus de temps en famille à faire des choses ensemble... faisons un petit sondage ?

Les bonnes résolutions, c'est ce qu'on appelle un marronnier : un sujet qui revient régulièrement à la même période de l'année, en particulier dans la presse. Alors selon votre magazine préféré, les résolutions sont plus ou moins adaptées : par ex Santé magazine donne des conseils très avisés !

 

Ne prenez pas à la légère ces envies de changement car elles sont bénéfiques. Elles vous permettent de tirer un trait sur ce qui vous entrave, d’aller de l’avant, bref de vous sentir vivants. Grâce à elles, vous vous projetez dans un futur proche que vous pensez meilleur. Vous voulez reprendre votre vie en main, et rien que ça, c’est déjà une belle avancée ! (un remède contre la dépression, contre l'immobilisme... que du bon!!)

Le défi de cette année 2017, c’est, vous vous en doutez, de tenir vos bonnes résolutions ! Commencez par être positif ! Pour réussir ce nouveau départ, ne vous focalisez pas sur les aspects contraignants que ces bonnes résolutions impliquent. Plutôt que de vous dire « Zut, il va falloir que j’arrête de manger mes 10 carrés de chocolat après le repas », dites-vous « Super, je vais enfin pouvoir rentrer dans mon jean acheté il y a 5 ans ! » Autre astuce : soyez réaliste ! Plus vos résolutions seront générales et floues, moins elles ont de chances de se réaliser. Evitez le bienveillant mais vague : « Je veux contribuer à sauver la planète », préférez une action moins ambitieuse, mais concrète : « Je ne jette plus de mégots ou de papiers dans la nature. »

le souci avec les bonnes résolutions de nouvelle année, même avec le soutien de Santé magazine, c'est qu'elles s'évanouissent bien vite une fois le cap de la première semaine, du premier mois...

heureusement pour nous, Google a une solution à nos pb !!

 

Google a présenté une nouvelle mise à jour Google Agenda pour aider tous ceux et celles qui ont pris des bonnes résolutions pour la nouvelle année. On peut à présent synchroniser Google Fit et Apple Health dans un calendrier Google, avec tous les buts et objectifs de fitness que l'on s'est fixés.?La mise à jour indique que chaque activité est enregistrée et comparée aux objectifs fixés, de façon à garder un suivi le plus précis possible de la progression. Ainsi, il n'y a plus besoin d'indiquer manuellement qu'un but est atteint, l'application s'en chargera toute seule via cette mise à jour. Et vous récompensera avec une récompense secrète !!

 

Si quelqu'un a cette App, je veux bien savoir quelle est cette récompense secrète !!!

 

Un journal a trouvé non pas une solution miracle, mais propose une astuce pour nous aider !! écoutez bien :

Malheureusement, le non-respect desdites résolutions est quasiment un marronnier aussi important que les résolutions elles-mêmes! Existe-t-il un remède miracle? Pas vraiment... Notre seule volonté est bien souvent la valeur essentielle pour faire en sorte que nos résolutions soient respectées. En tout, c'est environ 50 à 80% des bonnes résolutions qui échouent, qu'elles soient liées à la vie professionnelle ou à la vie personnelle. Néanmoins, cela n'est pas une raison pour vous décourager (…) Il existe même une petite astuce pour accroître vos chances de réussite.

Son nom: le pré-engagement. Son inventeur? Le héros de la mythologie grecque Ulysse grâce à son expérience avec le chant des sirènes et leur pouvoir de séduction. Après avoir été averti par Circé de ce pouvoir, Ulysse fit mettre de la cire dans les oreilles de ses marins afin qu'ils n'entendent pas un son, tandis que lui-même se faisait attacher au mât du navire, tout en ordonnant à ses marins de ne pas le détacher quand il entendra le chant des sirènes. Ainsi, il a pu restreindre volontairement sa liberté d'accéder à la tentation. C'est exactement le même comportement qu'il faut reproduire pour tenir ses résolutions.

«La start-up américaine Stickk, créée par des économistes comportementaux de l'université de Yale, a permis à 300.000 personnes de créer un contrat de pré-engagement»... Petit exemple chiffré qui devrait vous convaincre: si, dans deux mois, vous vous obstinez à vous ronger les ongles malgré votre résolution, Stickk débite votre compte bancaire pour faire un virement à une personne que vous détestez ou à une organisation ou association avec laquelle vous etes en désaccord. Un processus diabolique - mais efficace - qui devrait faire réfléchir... (source Le Figaro du 6 janvier)

Bref, nous le voyons bien, nous sommes souvent tiraillés entre notre volonté et la réalité de nos forces...

ce matin, le récit de la venue des mages auprès de l'enfant Jésus vient nous parler de nos capacités, de nos forces, de nos bonnes résolutions et de nos échecs. Et d'une solution pour nous en sortir... ou plutot un autre chemin...

C'est sous ce regard que je vous invite à relire ce récit ce matin.

 

Une première chose à remarquer dans cette histoire :

Tout est bati sur le cheminement des mages/sages (pas des rois, peut être 3 ou plus ou moins, mais comme ils donnent 3 cadeaux, on en a déduit rapidement qu'ils étaient trois, quand à leurs noms, la couleur de leur peau ou leur age, rien ne nous est dit dans l'évangile), il sont donc astrologues astronomes, astrophysiciens de l'époque, en tout cas des spécialistes des étoiles, des prédictions, des évenements, de la science, de la recherche de la connaissance et des explications sur les mystères du monde. Ce sont des types sérieux, posés, savants. Et Matthieu dans son évangile nous les décrit comme des hommes qui ont entrepris une recherche parce qu'ils ont discerné un signe dans le ciel, qu'ils ont interprêté comme la naissance d'un prince, d'un futur roi. Qd on regarde le texte de près, on voit que toute cette quête des mages est développée sur 10 versets et  la rencontre entre les mages et l’enfant occupe un seul verset (11) !

Dieu ne méprise pas nos tatonnements, nos hésitations, nos erreurs d'interprétation, et il peut même mettre des personnes sur notre route pour nous guider. 

 

Les mages ont pris une décision, une résolution, en fonction de ce qu'ils savaient, de ce qu'ils voyaient, de ce qu'ils pensaient, et ils se sont mis en route. Et ils ont réussi !! (pas comme nous souvent)

ils ont cherché, tatonné, cheminé, sont allés chez Hérode, qui les fait venir devant tout le monde, puis qui les fait revenir en secret, et enfin, ils arrivent par le signe, par la parole de ceux qui connaissent les Ecritures, ils arrivent devant Jésus... et la, dans la joie qui est la leur, ils donnent à Jésus des cadeaux étonnants.

Pas de liste de naissance chez BEBE CONFORT, pas de cadeau de circonstance... ou plutot si justement des cadeaux tout à fait de circonstances.

Or, encens, myrrhe... des cadeaux pour un roi, des cadeaux qui sont des signes. Des cadeaux qui représentent à la fois trois puissances qui sont offertes à tout homme, et trois gouffres, trois tentations qui menacent la vie des hommes et le monde.

Or : la richesse et la royauté. Le signe du pouvoir, le pouvoir que donne la richesse,l'or représente ce que nous cherchons (et rarement ce que nous donnons), le pouvoir que nous pouvons prendre sur les autres, ou que d'autres peuvent prendre sur nous. Le signe ambivalent, de la richesse qui apporte du bien mais qui peut si facielemtn devenir un instrument d'oppression, de perversion, de destruction de l'autre, de réduction de l'autre à l'état d'objet pour m'enrichir moi !

Encens : on peut lire au ps 141 « Que ma prière monte vers toi comme l'encens » L'encens, c'est toute notre quête religieuse, nos rituels, nos élans mystiques, toutes nos tentatives pour que Dieu nous soit favorable, pour qu'il nous regarde avec bonté et non avec dureté. C'est notre piété, comme le dit un de mes collègues c'est tout ce que nous essayons de mettre en place pour obtenir une petite place dans le cœur de Dieu. Comme on est jamais sur d'y être, il faut faire le maximum non ?

Et la myrrhe ? C'est un onguent, une pate odorante, parfumée, une résine que l'on utilisait pour embaumer les corps avant l'ensevelissement, et aussi une décoction que l'on donnait aux condamnés à mort pour abréger leur souffrance.

La mort, la souffrance, c'est bien sur pour nous qui connaissons la suite de l'évangile une manière pour Matt de montrer que dès la naissance, dès la crèche, vendredi saint et la croix se profilent. Le chemin de Jésus sauveur passera par la souffrance et la mort. Et justement, ici ce sont ces puissances dominatrices de mort et de souffrance qui sont déposées au pied de l'enfant Jésus. Parce que vous avez bien noté tout à l'heure. Il nous est bien dit que les mages, les sages, astrologues nomes, savants... se prosternent et tombent au pied de Jésus.

Eux qui ont tout, qui savent, qui sont symboliquement les détenteurs de ces puissances humaines, la richesse, le pouvoir, la religion et aussi la souffrance et la mort, les voilà applatis devant un bébé, qui n'est même pas dans un palais.

 

Je reviens à nos bonnes résolutions de tout à l'heure...

Cette semaine j'ai lu une méditation qui m'a interpellé et fait réfléchir et qui m'a mise sur la piste de cette prédication.

Un pasteur faisait une comparaison entre la manière dont l'apotre Pierre a suivi Jésus au début de l'évangile, tout plein d'entrain et d'enthousiasme. Et après avoir juré ses grands dieux qu'il ne l'abandonnerait pas, il fait l'expérience que tout s'écroule. Puis après la mort de Jésus, et son retour à la vie, Pierre à nouveau recoit un appel « suis moi » mais cette fois après avoir reçu l'Esprit en lui. Je vous en lis qq lignes pour terminer :

Le premier "suis-moi" n'était qu'extérieur et Pierre suivit Jésus sur le chemin; le deuxième le conduira jusqu'au martyre (Jean 21, v. 18). Entre ces deux appels, Pierre a renié Jésus avec des imprécations, et il s'est effondré avec sa suffisance. Il ne lui reste plus rien de sa confiance en lui-même. Il est prêt à recevoir le Saint-Esprit de la part du Seigneur ressuscité (Jean 20, v. 22). Quels que soient les changements que Dieu ait opérés en vous, ne vous appuyez sur rien d'autre que sur le Seigneur Jésus-Christ, et sur le Saint-Esprit qu'Il donne. Tous nos efforts, toutes nos bonnes résolutions, aboutissent au reniement (ou à l'échec), parce que nous n'avons pas de puissance pour les réaliser. Mais quand nous sommes effondrés, réellement vidés de nous-mêmes, nous pouvons recevoir le Saint-Esprit : "Recevez le Saint-Esprit". Laissez-vous envahir par lui, et il n'y aura dans votre vie qu'un vainqueur, le Seigneur Jésus-Christ.

 

Les mages ont déposé au pied de Jésus leurs signes de pouvoir, de puissance, de richesse. Un geste qui montre leur compréhension que Jésus est celui qui a la véritable puissance de Vie. Prenons de bonnes résolutions, mais ne nous trompons pas. Nos propres forces ne suffiront pas. Ne nous trompons pas de source de vie. Amen. 

DIMANCHE 18 JUIN 2017 – Bapteme d'Eugénie B. Pasteur Caroline Schrumpf

Actes 8, 26-40

Un ange du Seigneur dit à Philippe : « Tu vas partir en direction du sud, sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza. Cette route est déserte. » Philippe partit aussitôt. Et, sur son chemin, un homme se présenta : c'était un eunuque éthiopien, haut fonctionnaire chargé d'administrer les trésors de Candace, la reine d'Éthiopie; il était venu à Jérusalem pour adorer Dieu et il retournait chez lui. Assis sur son char, il lisait le livre du prophète Ésaïe. Le Saint-Esprit dit à Philippe : « Va rejoindre ce char. » Philippe s'en approcha en courant et entendit l'Éthiopien qui lisait le livre du prophète Ésaïe. Il lui demanda : « Comprends-tu ce que tu lis ? » L'homme répondit : « Comment pourrais-je comprendre, si personne ne m'éclaire ? » Et il invita Philippe à monter sur le char pour s'asseoir à côté de lui.
Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci : « Il a été comme une brebis qu'on mène à l'abattoir, comme un agneau qui reste muet devant celui qui le tond. Il n'a pas dit un mot. Il a été humilié et n'a pas obtenu justice. Qui pourra parler de ses descendants ? Car on a mis fin à sa vie sur terre. » Le fonctionnaire demanda à Philippe : « Je t'en prie, dis-moi de qui le prophète parle-t-il ainsi ? Est-ce de lui-même ou de quelqu'un d'autre ? » Philippe prit alors la parole et, en partant de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus. Ils continuèrent leur chemin et arrivèrent à un endroit où il y avait de l'eau. Le fonctionnaire dit alors : « Voici de l'eau; qu'est-ce qui empêche que je sois baptisé? » Philippe lui dit : « Si tu crois de tout ton coeur, tu peux être baptisé. Et l'homme répondit : « Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. » Puis il fit arrêter le char. Philippe descendit avec lui dans l'eau et il le baptisa. Quand ils furent sortis de l'eau, l'Esprit du Seigneur enleva Philippe. Le fonctionnaire ne le vit plus, mais il continua son chemin tout joyeux. Philippe se retrouva à Azot, puis il passa de ville en ville, en annonçant partout la Bonne Nouvelle, jusqu'au moment où il arriva à Césarée.

 

Frères et sœurs,

Aujourd'hui, la petite Eugénie a reçu le bapteme. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi ce passage du Nouveau Testament qui nous parle aussi d'un bapteme... mais vous pensez sans doute : quel rapport entre le bapteme d'Eugénie et le bapteme de cet éthiopien sur la route entre Jérusalem et Gaza ? Ce matin, ce récit du livre des Actes, le livre dans la Bible qui nous raconte les débuts de l'église chrétienne, ce récit vient nous parler du bapteme, de Dieu qui nous cherche et nous trouve (pour faire le lien avec ce que vous avons lu dimanche dernier – parabole du mouton perdu et du berger qui cherche et trouve), et surtout de Dieu qui désire communiquer avec nous, Dieu qui nous parle.

D'abord quelques éléments pour entrer dans l'histoire : qui sont ces 2 personnages, que se passe-t-il et quel est l'enjeu de cette rencontre?
Les 2 personnages : Philippe, un diacre, un homme choisi parmi le tout premier groupe des disciples (pas l'un des 12) mais un homme reconnu par la 1e église chrétienne à Jérusalem, pour sa foi et à qui est confiée une responsabilité. Le haut-fonctionnaire éthiopien (ministre des finances) de la Reine Candace (titre comme pharaon) revient de Jérusalem, où il est allé adorer le Dieu des juifs, puisqu'il est un converti, une personne qui n'était pas de religion juive et qui est entré par conversion. On ne sait pas quand et comment il s’est converti, mais son statut social lui permet de voyager et de s’acheter un rouleau du prophète Esaïe. Comme pour tous les juifs, le Temple de Jérusalem est un lieu très important pour lui, et la lecture de l’Ecriture un acte de foi. On comprend qu'il rentre chez lui, après un pelerinage à Jérusalem.

Ces 2 hommes se rencontrent sur la route, dans des circonstances assez étonnantes, guidées par Dieu (j'y reviendrai). De cette rencontre, de la conversation que ces 2 hommes vont avoir, la conséquence directe sera le bapteme de l'homme : aussitôt dit, aussitôt fait, après la catéchèse la plus rapide de l'histoire, une après midi, ou max une journée...

Le bapteme de cet homme se déroule assez différement de celui d'Eugénie...
Dans le récit des Actes, le bapteme est vécu par une immersion complète, l'homme est plongé tout entier dans l'eau, pour signifier qu'il s'associe à la mort et à la résurrection de Jésus.

C’est vrai que dans ce texte, il n’y a pas de conditions particulières pour le baptême, si ce n'est croire de tout son cœur en Jésus Christ, càd Sauveur. Dans un très ancien texte de la tradition chrétienne, de la fin du 1e ou début 2e siècle de notre ère, la DIDACHE, il est écrit : . Quant au baptême, baptisez au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit dans de l'eau vive (courante). Mais, si tu n'as pas d'eau vive, baptise dans une autre eau; si tu ne peux pas (baptiser) dans l'eau froide, que ce soit dans l'eau chaude. Si tu n'as ni l'une ni l'autre (en quantité suffisante), verse de l'eau sur la tête.

Ce qui nous montre bien que déjà à l'époque des toutes premières communautés chrétiennes, on avait bien conscience que ce n'est pas la forme du bapteme mais son sens, qui est le plus important.

Aujourd'hui autour d'Eugénie, qui est bien trop petite pour exprimer sa foi en Jésus, ce sont ses parents, ses parrain et marraine qui se sont exprimés.

Mais le bapteme qu'elle a reçu est comme une semence plantée dans une bonne terre. Elle est semée dans l'espérance qu'une plante va pousser : la foi, la confiance en Jésus, qu'Eugénie pourra découvrir au fil de sa vie.

Ca c'est pour le bapteme...

Mais frères et sœurs dans ce récit, il y a comme un contrepoint, un contrechant...

une mélodie que l'on entend pas forcément à la première écoute... mais qui est bien présente.

 

Comment Dieu parle et comment il veut encore auj communiquer avec nous.

Dieu dans la Bible est le Dieu vivant, le Dieu qui désire plus que tout entrer en relation avec l'humanité, avec chaque etre humain, avec chacun de nous. Pourquoi ? Parce que la relation que Dieu désire c'est l'amour.

C'est une relation d'amour et de confiance. C'est dans l'amour et la confiance qu'Eugénie a été baptisée !

 

Dans ce petit récit, il y a en filigrane un concentré de vie spirituelle sur les manières que Dieu utilise pour nous parler... Si on reprend le fil du texte :

1) Il parle par un « ange du seigneur » qui va donner une indication, une impulsion à Philippe, pour qu'il aille se placer sur une route déserte. Ange = messager. Dieu nous envoie parfois des messagers, qui nous transmettent un message de sa part. D'ailleurs, Philippe obéissant, part immédiatement.

2) Dieu parle par le Saint Esprit à Philippe, en lui disant d'aller voir cet homme sur son char. Étonnant parce qu'en creux on peut comprendre que meme s'il est parti immédiatement, et s'il n'y avait que ces deux la sur la route, Philippe peut-etre a eu peur, ou au moins un doute, et n'était plus trop convaincu d'aller à sa rencontre. Le Saint-Esprit c'est Dieu qui nous parle par une pensée qui surgit en nous. Attention : Toutes nos pensées qui surgissent ne sont pas le SE !! mais parfois Dieu nous parle ainsi.

3) Dieu nous parle par la Bible, que l'éthiopien lit mais sans vraiment comprendre. Mais le gars persévère, il est déjà au chapitre 53 du rouleau... cela veut sans doute dire qu'il a déjà lu les 52 chapitres précédents.

Lire la Bible, ce n'est pas comme un distributeur automatique : on met une piece de 2 euros et on a un cadeau.  Dieu va parler à l'éthiopien par la Bible, Dieu va honorer la persévérance de cet homme.

4) Dieu nous parle par les autres, autour de nous, dont nous avons besoin pour arriver mieux comprendre ce que Dieu veut nous dire... comme philippe qui va expliquer à l'éthiopien que ces paroles du prophète Esaie en fait parlent de Jésus, du Messie attendu qui est mort sur la croix.

Dieu parle par les questions que l'on ose poser, comme l'éthiopien qui ose interroger Philippe.

Dieu nous parle par l'Evangile, par la Bonne Nouvelle de Jésus... qui nous dit son amour immense, indestructible pour nous. Qui nous dit qu'avec Jésus, il n'y a plus aucune fatalité sur nous. Que nous sommes libérés, pardonnés, et transformés par son amour.

Dieu nous parle par les signes qu'il nous donne, le bapteme, la communion. Comme auj le bapteme d'Eugénie.

Et enfin, Dieu nous parle par la transformation qu'il nous permet de vivre, la joie qui est donné à l'éthiopien à la fin de l'histoire...  On sait que l’Eglise chrétienne d’Ethiopie est très ancienne. Peut etre est elle née à la suite du témoignage de cet homme...

Pourquoi tout cela nous est raconté ? Pourquoi en parlons nous encore auj ? Parce que Dieu ne change pas.
Ce qu'il a fait autrefois, il veut encore le faire auj, pour nous. Dans la Bible, il y a une qualité de Dieu qui est souvent évoquée : la fidélité. Nous l'avons chanté aussi dans le ps 36.

 

 

Dimanche 8 octobre 2017 – Journées Luther Pasteur Caroline Schrumpf

PREDICATION

 

Je voudrais vous raconter une histoire... un souvenir d'enfance. il y avait chez mes grands parents un vieil album coloré. Je me souviens des moments délicieux ou ma grand mère me lisait ce livre... j'en revois les images dans ma mémoire.

Ce livre avait pour titre : Le bon Toto et le méchant Tom ou la journée de deux petits garçons.

Peut-etre certains ont aussi lu ce livre dans leur jeunesse...

C'est donc l'histoire de deux frères, le bon Toto et le méchant Tom.

Toto est beau et blond, il fait toujours ce qu'il faut, obéit toujours à sa maman, se lève en souriant, s'habille en un instant, mange proprement, joue comme un ange, s'occupe de sa petite sœur, se promène patiemment avec ses parents. Pendant que Tom est hirsute, se lève en criant, mange salement, écrit sa leçon comme un cochon, casse les jouets de son frère, saute dans les flaques d'eau pour éclabousser ses parents et finit puni au cabinet noir. 

 

Et maintenant je voudrais vous raconter une autre histoire... (ou plutot c'est Jésus qui raconte...)

Lire : Luc 18, 9-14

Jésus dit encore cette parabole, à l'intention de certaines personnes qui étaient convaincues d'être justes et qui méprisaient les autres: 10«Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était un pharisien, l'autre un collecteur d’impôts. 11Le pharisien, debout, faisait cette prière en lui-même: ‘O Dieu, je te remercie de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères, ou même comme ce collecteur d’impôts. 12Je jeûne deux fois par semaine et je donne la dîme de tous ce que j'acquiers.’ 13Le collecteur d’impôts, lui, se tenait à distance et n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant: ‘O Dieu, aie pitié de moi, qui suis un pécheur.’ 14Je vous le dis, lorsque ce dernier descendit chez lui, il était considéré comme juste, mais pas le pharisien. En effet, toute personne qui s'élève sera abaissée, et celle qui s'abaisse sera élevée.»

 

Dans l'histoire de Jésus, il y a le bon pharisien et le méchant collecteur d'impot... à moins que ce ne soit le contraire ?

Le bon pharisien fait tout ce qu'il faut faire pour être un bon croyant, pratiquant, respectant la loi de Moise. Il en fait meme plus ! Il prie debout, ça c'est normal. Il le fait en silence : il sait être discret. Il ne demande rien pour lui : il est tout entier dans la reconnaisance envers Dieu, dans l'action de grace. Il donne la dîme (10%) non seulement sur ce qu'il gagne mais aussi sur ce qu'il achète : cet argent pourra servir pour les pauvres. Est ce qu'il n'a pas toutes les raisons d'etre satisfait ? Il est content de n'etre pas comme les autres, voleurs, tricheurs, trompeurs...

Quant au méchant collecteur d'impot, il n'était pas très aimé dans la société au temps de Jésus. Et pour cause. Au montant d'impot que l'Etat romain leur demandait de récolter, ils étaient libres d'ajouter ce qu'ils voulaient...

pourtant c'est lui descend chez lui justifié, pardonné, gracié. Et non le pharisien... Dur dur à avaler comme histoire

 

Comment nous voyons nous, nous même devant Dieu ? Et quelle image de Dieu avons nous ?

Voilà les deux questions qui me semblent centrales dans cette parabole...

 

Le pharisien, que peut-on lui reprocher en fait ? Il se voit juste devant Dieu. Il s'auto-décerne la médaille de la foi.

Il s'auto-justifie. Vous avez remarqué sans doute : sa prière est bien adressée à Dieu, mais elle est pleine de je.

Elle est remplie de lui même, de ces bons points, de ces réussites, de ses exploits religieux. Il ne jeûne pas une fois mais 2 fois par semaine (alors que la loi demandait une seule fois). Il en fait plus, toujours plus, pour Dieu ! Ou pour lui meme plutot... Il est le champion de la foi, de la loi. Et surtout, il n'est pas comme... les autres...

 

Et nous, nous ne pensons jamais comme ça ? Seigneur, merci parce que je ne suis pas comme... les autres, ceux qui font de travers, qui font mal, qui font ce qui est mal à tes (mes) yeux. Pensons à qq exemples :

Pour ceux qui roulent à vélo : Seigneur, merci de ce que je ne suis pas comme ces conducteurs de voiture qui polluent... et pour ceux qui roulent en voiture : Seigneur merci de ce que je ne suis pas comme ces cyclistes, qui roulent se croient tout permis et ne respectent pas les feux... pour ceux qui mangent bio : Seigneur, merci de ce que je ne suis pas comme ces consommateurs inconscients des besoins de leur environnement... pour ceux qui ne mangent pas bio : seigneur, merci de ce que je ne suis pas comme ces bobo qui mangent bio parce qu'ils ont les moyens, mais qui ne se préoccupent pas des personnes en précarité sur le trottoir en face de chez eux...

merci de ce que je ne suis pas comme les catholiques, qui prient la vierge au lieu de Jésus.... merci de ce que je ne suis comme ces protestants qui croient qu'ils ont tout compris à la Bible. vous pouvez continuer la liste... Merci de ce que je suis pas comme ma voisine, comme mes parents, comme mes enfants, comme untel ou unetelle... 

il est si facile de se trouver des bonnes raisons de faire tout ce que nous faisons et de nous justifier ainsi.

 

Vous avez remarqué la prière du collecteur d'impots. Il ne dit presque rien. Son attitude physique est totalement différente, il s'humilie devant Dieu. Il n'excuse rien de sa vie, il demande la pitié, le pardon de Dieu. Il n'a rien à faire valoir de lui meme. Il s'en remet à Dieu.

 

Le pharisien et le collecteur d'impots prient Dieu, chacun à sa manière... mais en fait ils ne prient pas le meme Dieu, ou plutot ils n'ont pas la meme image, la meme vision de Dieu. Pour le pharisien, Dieu est celui qui observe et compte les points, qui juge et qui punit ou récompense chacun à la mesure de ses actes.

D'un coté les bons Totos et de l'autre les méchants Tom. Pour les uns la médaille, pour les autres le cabinet noir. Mais en fait la médaille, il se la donne à lui meme, pas meme besoin de Dieu. Il est auto-suffisant.

 

Pour le collecteur d'impots, Dieu est celui qui observe et qui juge pareillement, mais il est aussi celui qui fait grâce, qui pardonne, qui écoute avec bienveillance la prière de celui ou de celle qui sait bien que sa vie n'est pas géniale, qu'il ou elle n'est pas trop « réglo », qu'il y a bien des raisons de ne pas etre très fier, et qui vient quand meme devant Dieu pour se confier.

 

Jésus dit : c'est le collecteur d'impots qui descend chez lui justifié, pardonné.

Frères et sœurs, la bonne nouvelle pour nous qui lisons cette parabole aujourd'hui, c'est qu'il y a en nous ces deux manières de penser, ces deux manières d'etre qui cohabitent. Certains penchent plus vers le pharisien, peut-etre, et d'autres vers le collecteur d'impots, selon qu'on a plus ou moins confiance en soi, selon que l'on est plutot optimiste par nature ou pessimiste...

 

Mais le simple fait de lire cette parabole et de condamner la prière et l'attitude du pharisien, n'est ce pas une manière de nous situer nous aussi au dessus de lui ? Seigneur, merci de ce que moi, de ce que nous, ne sommes pas comme ce pharisien, imbu de lui meme, alors que moi je suis si humble...

 

Comment nous voyons nous devant Dieu ? Luther raconte qu'il avait une vision d'un Dieu terrible, qu'on lui avait inculquée... et qui le terrifiait. En lisant la Bible, en lisant la parole de Dieu, en relisant encore et encore, il est percuté par la phrase de Paul : le juste vivra par la foi. Romains 1,17.

La foi, c'est cette manière de se tenir devant Dieu non pas en étant plein de nous meme, rempli de notre « je », mais d'être en manque, en attente de Dieu dans notre vie. La foi c'est nous reconnaître non pas les rois de la piste ou les maitres du monde, mais des mendiants, d'amour, de grace, d'espérance. « Nous sommes des mendiants ». Ce sont les derniers mots de Luther que l'on retrouvera griffonnés sur un papier après sa mort.

La foi, frères et sœurs, ce n'est ni catholique ni protestant ; c'est nous placer devant Dieu non pas en nous accrochant à ce que nous faisons, mais en ouvrant les mains pour recevoir le cadeau de la grâce.   Amen.

 

 

 

 

 

 

 

Prédication?du pasteur Eric Perrier, donnée le 1er décembre à La Baule

Des pierres vivantes par lesquelles Dieu révèle sa présence au milieu des hommes

 

Texte biblique : 1 Pierre 2 : 1-10

4 Approchez-vous du Seigneur, la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et jugée précieuse par Dieu. 5 Prenez place vous aussi, comme des pierres vivantes, dans la construction du temple spirituel… 9 Il vous a appelés à passer de l'obscurité à sa merveilleuse lumière, afin que vous proclamiez ses oeuvres magnifiques.

Alors que notre Eglise protestante de Loire-Atlantique s’interroge sur l’avenir du Temple de La Baule, question qui concerne plusieurs d’entre nous au premier chef, je vous invite à réfléchir sur la notion de Temple à partir de la 1ère lettre de Pierre. Mais comme on ne réfléchit jamais mieux qu’après un sourire, tout d’abord place à un peu d’humour.

Un jeune garçon, Antoine, n’arrêtait pas de faire des bêtises. Sa mère ne sachant plus que faire, décida de l’emmener chez le pasteur de la paroisse, un homme réputé pour sa sévérité. Le pasteur les fait entrer dans son bureau, il fait asseoir l’enfant devant lui, se penche par dessus le bureau et lui dit : “Antoine, où est Dieu ?” Le petit garçon devient très nerveux, il commence à trembler et sa mère se dit : “Vraiment, il sait s’y prendre.” Le pasteur se penche une deuxième fois sur le bureau et redemande d’une grosse voix : “Antoine, où est Dieu ?” Le garçon devient pétrifié, pendant que sa mère se frotte les mains ! Le pasteur demande alors une troisième fois : “Antoine ! où est Dieu ?…” N’en pouvant plus, le garçon, terrorisé, se lève de son siège, prend les jambes à son cou, sort du bureau, file à la maison. Il passe la porte en trombe, se précipite dans les bras de son père, et lui dit : “Papa, Papa, à l’Eglise, ils ont perdu Dieu ! Et ils pensent que c’est moi qui ai fait le coup »…

Il est souvent intéressant de rechercher le ressort humoristique d’une histoire.  La méprise et donc l’incompréhension constituent la mécanique de cette farce pour se terminer sur la contradiction entre la grandeur de Dieu et le raisonnement naïf  de l’enfant : ils ont perdu Dieu !, comme si Dieu se réduisait à une chose que l’on pouvait perdre.?Combien il est facile de se méprendre les uns sur les autres ! Combien souvent les Ecritures suscitent-elles notre incompréhension. Et sommes-nous bien au clair sur la question : « où est Dieu ? ».

Je vous propose donc de parcourir très rapidement la notion du Temple dans la bible qui évolue d’une manière significative de l’AT, à l’évangile puis au NT.

Dans le livre de l’Exode, la question du culte occupe la majeure partie et le thème de l’édification d’une tente de la rencontre est développé du chapitre 25 jusqu’au chapitre 40 : c’est dire son importance. Moïse est appelé par Dieu pour faire sortir le peuple d’Egypte et le conduire à la liberté, mais cette liberté doit être affermie à travers la loi qui lie Israël au Seigneur et par la présence de Dieu au milieu du peuple.

Le Seigneur ordonne donc à Moïse de dresser une tente, Moïse exécute tout ce que Dieu lui a prescrit et le livre de l’Exode se termine sur ces versets : « Alors la nuée couvrit la tente de la Rencontre, et la présence glorieuse du Seigneur remplit le tabernacle. Moïse ne pouvait pas entrer dans la tente de la Rencontre, parce que la nuée demeurait sur elle, et que la présence glorieuse du Seigneur remplissait le tabernacle. » Exode 40:34-35

Cette tente est fondamentalement le signe que Dieu ne reste pas dans le ciel, dans un ailleurs, et qu’il vient habiter au milieu de son peuple. Mais les Ecritures n’en restent pas là : elles insistent sur la nuée, signe de l’Esprit, qui couvre la tente et sur la présence glorieuse qui vient la remplir, au point que Moïse lui-même ne peut y entrer ! Par ces mots, les versets proclament que la tente n’est pas seulement un symbole pour nourrir l’imagination : le Seigneur vient réellement et concrètement au milieu de son peuple. Toute la foi d’Israël est exprimée dans ces images expressives.

La tente dans le désert est présentée comme le « prototype » du Temple de Jérusalem que Salomon va construire dans les chapitres 6 à 8 de 1 Rois. Même emphase sur les projets, la construction et l’inauguration de ce Temple. Les cérémonies se terminent par l’entrée du coffre de l’alliance dans le lieu le plus saint du Temple. Nous lisons alors : « Au moment où les sacrificateurs sortirent du lieu-saint, la nuée remplit la maison du Seigneur. Les sacrificateurs ne purent pas y rester pour faire le service, à cause de la nuée ; car la présence glorieuse du Seigneur remplissait la maison… ». Mêmes expressions, même message que pour la tente de la rencontre : le Seigneur vient réellement habiter au milieu de son peuple. Salomon peut alors conclure par une magnifique prière : c’est dans ce lieu que chacun pourra venir rencontrer le Seigneur, s’adresser à lui et être pardonné; il sera exaucé s’il vient avec un coeur sincère et humble.

Si nous nous tournons vers l’Evangile, la perspective change subitement et le regard se détourne du Temple de Jérusalem vers Jésus lui-même. Nous ne connaissons qu’une seule action négative de Jésus, mais véritable acte prophétique de sa venue : il chasse les vendeurs du Temple en rappelant la fonction de ce lieu : une maison de prière pour tous les peuples. C’est l’occasion pour Jésus de proclamer : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » A quoi ces interlocuteurs dirent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours, tu le relèveras ! » et l’évangéliste de conclure : «  Mais il parlait du temple de son corps. ». (Jean 2:13-22)

Le Temple de Dieu, c’est maintenant Jésus lui-même : c’est sur lui que descend la présence glorieuse de l’Esprit lors de son baptême par Jean-Baptiste. C’est lui le trait d’union entre le ciel et la terre (Jean 1:51). L’évangéliste proclamera tout à la fois comme une introduction et une conclusion : « La Parole s’est faite chair et elle a dressé sa tente parmi nous, pleine de grâce et de vérité et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père… Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce. » Tout l’évangile est compris dans cette parole, la plénitude de la présence de Dieu ne se trouve plus dans le Temple mais en Jésus de telle sorte que c’est en venant à Jésus, en comprenant sa parole, en le contemplant à la croix que chacun peut maintenant entrer dans une relation véritable et vivante avec le Père.

Faisons maintenant un pas de plus en examinant ce que devient le Temple dans la lettre de Pierre ? Jésus, véritable Temple de Dieu n’est plus là. Mais son Esprit est maintenant donné à ceux qui ont mis leur foi en lui. C’est l’Eglise qui assure la fonction qu’exerçait le Temple de Jérusalem : manifester la présence glorieuse de Dieu au milieu des hommes, c’est là que tous peuvent découvrir l’extraordinaire grâce de Dieu. Il faut se rappeler que Pierre s’adressait à des chrétiens dispersés en Asie Mineure, des chrétiens méprisés, accusés, menacés de persécution. Ce n’est pas une Eglise triomphante et dominatrice mais le peuple des petits. Et Pierre les encourage et les exhorte : vous avez du prix aux yeux de Dieu, « vous êtes la race choisie, les prêtres du Roi, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu »… « autrefois, vous étiez privés de la compassion de Dieu, mais maintenant elle vous a été accordée ». Conduits « de l’obscurité à son admirable lumière » eux seuls peuvent « proclamer ses oeuvres magnifiques ».

Toute la rhétorique de Pierre est attachée à montrer que l’attention de Dieu se concentre sur ce nouveau peuple, pour lui manifester son amour et pour l’aider à être porteur de sa grâce auprès des hommes. Le Temple qui honore Dieu au milieu des hommes est maintenant fait de pierres vivantes, nous tous, qui sommes invités à recevoir et vivre cette grâce individuellement et en communauté. Où que nous nous réunissions, le Seigneur désire que lorsqu’un non-croyant vient au milieu de nous, il puisse percevoir que le Seigneur est vivant et proche de lui.

C’est pourquoi Pierre fait retentir cette exhortation : « Approchez-vous du Seigneur, la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et jugée précieuse par Dieu. Prenez place vous aussi, comme des pierres vivantes, dans la construction du temple animé par l’Esprit » ! Et si nous obéissons à cet appel, le Seigneur accomplira sa promesse : venir habiter au milieu de nous, qui devenons sa maison.

Nous avons souri devant l’ingénuité de l’enfant qui pensait que l’on avait volé Dieu à l’Eglise ? Il est peut-être possible que l’Eglise « perde Dieu » lorsqu’elle s’en détourne, mais il est impossible de lui dérober le Seigneur. Personne ne peut voler le Seigneur à celui qui s’est approché du Christ la Pierre Vivante et qui l’a reçu dans son coeur. Personne ne peut l’enlever de là ! Personne ne peut voler Dieu à une communauté qui s’est approchée de Christ et qui s’est édifiée sur cette pierre angulaire, qui a reçu le don du St Esprit et qui vit de la vie du Christ. On peut tout lui prendre, mais Dieu, personne ne peut le lui enlever ! C’est l’expérience et le témoignage que nous ont laissés les protestants lorsqu’ils furent pourchassés et interdits de cité en France. Rappelons-nous comment Marie Durand a résisté face à la demande d’abjuration, parce qu’elle portait le Christ dans son coeur. Personne ne peut dérober la présence de Dieu à ceux qui vivent en lui et de lui ! Et c’est à travers les pierres vivantes que nous sommes que le Seigneur veut se glorifier aujourd’hui et se faire connaître au plus grand nombre !