2015

DIMANCHE 8 NOVEMBRE 2015

Série « Une église en chantier... » - 4

PREDICATION

 

Esaie 56

1Voici ce que le SEIGNEUR dit : « Respectez le droit, faites ce qui est juste. La libération que j'apporte est sur le point d'arriver, vous allez découvrir que je veux vous sauver. 2Il est heureux, celui qui fait ce que je dis, qui s'y tient solidement. Il est heureux, celui qui respecte fidèlement le sabbat, qui évite toute action mauvaise. »

3L'étranger qui s'est attaché au SEIGNEUR ne doit pas penser : « Le SEIGNEUR va sûrement m'exclure de son peuple. » L'eunuque ne doit pas se dire : « Je ne suis qu'un arbre sec. » 4En effet, voici ce que le SEIGNEUR affirme :

« Certains eunuques respectent mes sabbats. Ils choisissent de faire ce qui me plaît et s'attachent à mon alliance.

5Eh bien, à l'intérieur des murs de mon temple je leur dresserai une pierre (un monument) pour y graver leur nom.

Cela aura plus de valeur pour eux que des fils et des filles. Le nom que je leur donnerai restera pour toujours, il ne sera jamais effacé. »

6Certains étrangers sont attachés au SEIGNEUR. Ils l'honorent, ils l'aiment et ils sont ses serviteurs. De ceux-là, le SEIGNEUR dit : « Tous ceux qui respectent fidèlement le sabbat, qui s'attachent à mon alliance, 7je les ferai venir sur ma montagne sainte, je les remplirai de joie dans ma maison de prière. J'accepterai les sacrifices et les dons qu'ils m'offrent sur l'autel. Oui, on appellera ma maison “Maison de prière pour tous les peuples” . »

8Le Seigneur DIEU, lui qui a rassemblé les exilés d'Israël, déclare : « J'ai déjà rassemblé des gens autour d'eux, et j'en rassemblerai encore d'autres avec eux. »

 

Ephésiens 2

14Oui, c'est (Christ) qui est notre paix. Avec les Juifs et les non-Juifs, il a fait un seul peuple. En donnant sa vie sur la croix, le Christ a détruit le mur de haine qui les séparait. (…) 18En effet, en passant par le Christ, Juifs et non-Juifs, nous pouvons nous approcher du Père, grâce à l'unique Esprit Saint. 19C'est pourquoi vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens de passage. Mais vous faites partie du peuple de Dieu, vous en avez tous les droits et vous êtes de la famille de Dieu. 20Vous êtes devenus la maison qui a pour fondations les apôtres et les prophètes. La pierre principale, c'est le Christ Jésus lui-même. 21C'est en union avec le Christ que toutes les pierres de la maison tiennent ensemble. Et cette maison s'agrandit pour former un temple saint dans le Seigneur. 22C'est en union avec le Christ que vous aussi, vous faites partie de la maison qui est construite. Et vous formez avec tous les autres un lieu où Dieu habite par son Esprit.

 

Nous poursuivons ce matin notre parcours sur le thème de la construction, en écho au chantier de rénovation de notre batiment. Parce que si notre batiment-église est en chantier, notre communauté-église, dont nous nous sommes les pierres vivantes, cette église là est en chantier constant, ou devrait l'être. Vous le savez bien, le batiment même le plus beau, le plus moderne, le plus confortable n'est rien, ne sert à rien. L'église n'est pas un batiment, l'église c'est vous, c'est nous. L'église c'est ce que nous vivons ensemble. Ce que nous recevons ensemble, ce que nous partageons, ce qui nous construit, ce qui nous fait grandir dans notre confiance en Dieu, ce qui nous rend plus fraternels, plus serviteurs les uns des autres, ce qui nous apprend à aimer. Pour être des témoins de Jésus christ dans le monde.  

 

Un breft résumé des épisodes précédents : Nous avons réfléchi ensemble sur la nécessaire déconstruction, puis sur la place de chacun connu par son nom dans ce chantier de construction de notre église, puis la semaine dernière sur le fait d'etre le temple où Dieu habite par son Esprit. Une communauté ou Dieu est présent.

Une image : comme une roue de vélo, tous les rayons de la roue sont reliés au centre, au moyeu. Meme chose dans la communauté église : chacun est invité à se relier au centre qui est Jésus christ.

Nous avons donc exploré ensemble le processus de construction, puis les éléments qui entrent dans cette construction, auj, nous allons nous pencher sur l'objectif de ce projet, de cette action que Dieu mène en nous et à travers nous.

 

Ce matin, nous allons nous arrêter ensemble surtout une expression : Ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples. (v7)

 

Qu'est ce que ça veut dire ? “Maison de prière pour tous les peuples” »

Ma maison, dit la parole de Dieu adressée au prophète. Bien sur à l'époque d'Esaie, il s'agit du temple. Mais

Nous avons vu que cette maison désormais c'est l'église, avec un grand E – l'église de Jésus christ dans le monde entier. Mais aussi l'église avec un petit E, notre communauté locale. Nous sommes la maison ou Dieu habite par son Esprit.

Nous sommes sa maison. Quand on y réfléchit, on se dit que c'est le monde à l'envers.

Généralement, c'est Dieu qui est notre maison, notre abri,  notre refuge...

pensons à tous les psaumes dans la Bible qui expriment cela : Seigneur c'est en toi que je trouve un abri (Ps 31) Tu es mon Dieu, ma forteresse (Ps 43) Dieu est pour nous un refuge et un appui (ps 46) Le Dieu de Jacob est pour nous une citadelle...

Maintenant, les choses sont renversées : c'est nous, communauté d'hommes et de femmes pécheurs, qui étions loins de Dieu mais qui avons été sauvés, graciés et appelés par Jésus, qui devenons la maison de Dieu. Comme un prolongement de l'incarnation : Jésus est venu vivre au milieu de l'humanité, désormais Dieu vit à jamais au milieu du monde, il n'habite plus au ciel comme le disait Luther, il vit à jamais au milieu des hommes, à travers les communautés chrétiennes petites, grandes, fragiles, fortes, courageuses ou timides, toujours imparfaites, parsemées sur la surface de la terre.

 

Vous êtes ma maison... et ma maison est une maison de prière... dit Dieu.

Cette maison de prière, c'est le lieu de la rencontre, où Dieu parle et écoute, où il vient vers nous, où il restaure la relation brisée par notre égarement, où il ravive ce qui, en nous, est fait à son image et qui permet d'entrer en communication avec lui. Cela n'est pas d'abord un lieu géographique particulier.

C'est dans notre coeur d'abord que Dieu vient nous rencontrer, puis partout où nous nous réunissons pour le louer que Dieu se fait présent au milieu de nous et nous réjouit.

Une maison de prière : Dieu désire une communauté, une église qui prie, qui cherche à tout moment cette conversation avec lui, qui vive dans un dialogue permanent, dans un partage constant de ce qui nous réjouit et de ce qui nous fait souffrir, de ce qui nous préoccupe et de ce qui nous révolte, de ce qui nous questionne ou nous fait douter. 

 

Enfin, Ésaïe annonce que cette maison de prière sera pour tous les peuples.

C'est la promesse que ce qui au début ne concernait que le peuple d'Israël est désormais pour tous les peuples de la terre. Pas de place réservée, ou d'entrée sur invitation exclusive.

Ma maison sera une maison de prière pour tous les peuples.

Et vous l'avez lu, juste avant de proclamer cette promesse, la parole de Dieu adressée à Esaie a évoqué deux situations, deux catégories particulières de personnes, peut-etre cela vous a-t-il un peu étonné...

Le texte prend les deux exemples les plus improbables pour indiquer comment cette maison de prière va s'ouvrir à tous : l'eunuque et le fils de l'étranger. Dans la Bible, dans la Loi de Dieu, dans les textes de l'Exode, du Lévitique ou du Deutéronome, ces personnes sont exclues d'à peu près tout, et surtout d'entrer

au service de Dieu, ou de participer au culte. Mais ici... contre toute attente, eux qui sont considérés comme « impropres », qui ne conviennent pas à Dieu, à cause de leur infirmité ou de leur handicap, ou à cause de ce qu'ils sont, ou de leur mode de vie, ce sont eux qui deviennent les exemples d'attachement et d'obéissance à Dieu.

Ce qu'il nous faut remarquer en faisant ce petit retour en arrière dans notre texte c'est que Dieu leur répond par une promesse et un engagement personnalisés : à l'eunuque qui se considère comme stérile, un arbre sec, Dieu donne ce qui ne peut se donner a priori que dans une descendance de chair : un nom qui ne sera jamais oublié.  Ici, il s'agit d'une action de Dieu, d'un signe miraculeux.

Cela fait penser au baptême, lorsque nous proclamons que Dieu nous appelle par notre nom et nous affirme que nous sommes ses enfants pour toujours.

Et au fils de l'étranger, exclus de l'Alliance de Dieu, il devient même un serviteur de Dieu, un lévite, un homme responsable d'etre un intercesseur entre Dieu et son peuple.

 

Ce que Dieu promet, ce qu'il annonce, c'est une maison qui sera un lieu d'accueil pour tous. Pour tous les peuples, toutes les cultures, toutes les manières de vivre, toutes les langues.

C'est la grace proposée, offerte à tous, pour que tous s'attachent à Dieu. Pour que tous découvrent en Jésus Christ, le pardon et l'amour inconditionnel, indestructible de Dieu pour l'humanité. Un amour scellé à la croix, un amour qui a détruit le mur de séparation comme le dit Paul dans la lettre aux Ephésiens.

Etre une maison de prière pour tous les peuples : On se rend très bien compte comment les cultures ou les formes de piété sont diverses. Être tous réunis dans cette présence de Dieu, ça pourrait nous faire craindre une grande cacophonie, des difficultés de compréhension, de communication.

C'est vrai ! Quelqu'un a dit : la communication est un miracle.

Réfléchissons ensemble : quels sont les murs que nous reconstruisons ? ceux que nous refusons de voir ?

Recevons cet appel de Dieu : Soyons une maison de prière pour tous les peuples et non une église recroquevillée sur son histoire ou son identité, vivons pleinement la diversité, même à travers les tensions, les difficultés, en sachant que désormais le lien au Christ est notre identité.

Assumons et recherchons même cette diversité, aimons la différence de l'autre, parce qu'elle nous déplace, elle nous pose question... elle nous permet de remettre les choses en perspective.

C'est ce que nous allons expérimenter ensemble ce matin... dans le reste de ce temps de culte.

Amen.

 

 

 

 

Série « Une église en chantier... » - 5

PREDICATION

 

Apoc 21, 1-5 et 22-27

1Ensuite, je vois un ciel nouveau et une terre nouvelle. En effet, le premier ciel et la première terre ont disparu, la mer n'existe plus. 2Et je vois la ville sainte, la Jérusalem nouvelle. Elle descend du ciel, envoyée par Dieu. Elle s'est faite belle comme une jeune mariée qui attend son mari. 3Alors j'entends une voix forte qui vient du siège royal. Elle dit : « Maintenant, la maison de Dieu est au milieu des êtres humains. Il va habiter avec eux. Ils seront ses peuples, Dieu lui-même sera avec eux et il sera leur Dieu. 4Il essuiera toutes les larmes de leurs yeux. La mort n'existera plus, il n'y aura plus ni deuil, ni cris, ni souffrance. Oui, le monde ancien a disparu. » 5Celui qui est assis sur le siège royal prend la parole et dit : « Maintenant, je fais toutes choses nouvelles. » Puis il ajoute : « Écris : “Ces paroles sont sûres et vraies.”  » (…)  22Mais dans la ville, je ne vois pas de temple, parce que son temple, c'est le Seigneur, le Dieu tout-puissant, ainsi que l'Agneau. 23Pour être éclairée, la ville n'a pas besoin du soleil ni de la lune. La gloire de Dieu l'éclaire, et sa source de lumière, c'est l'Agneau. 24Les peuples marcheront éclairés par sa lumière, les rois de la terre apporteront leurs richesses à la ville. 25Ses portes ne seront jamais fermées, parce que dans cette ville, il n'y aura plus de nuit. 26Là, on apportera les richesses et les trésors des peuples. 27Rien d'impur ne pourra entrer dans cette ville, les gens qui commettent des actions horribles et les menteurs n'y entreront pas non plus. Mais ceux qui ont leur nom écrit dans le livre de vie de l'Agneau, ceux-là seulement pourront y entrer.

 

Frères et sœurs,

je dois vous dire que ce n'est pas sans trembler ni sans prière que je suis devant vous.

D'une part, à cause des évenements que notre pays et notre monde ont connu ces derniers jours, et d'autre part à cause de ce texte que j'avais choisi de longue date pour nous aujourd'hui, mais qui prend tout à coup une couleur et un relief particuliers... Lire l'Apocalypse, j'aurai pu choisir un passage de la Bible plus apaisant, plus relaxant pour que nous puissions recevoir le réconfort dont nous avons besoin, la paix et la confiance pour affronter nos questions.

 

Vous vous souvenez que tout au long de ce trimestre, nous avons cheminé dans des passages de la Bible qui nous ont parlé de construction, de batiment, puisque nous sommes en plein chantier de rénovation de nos locaux pour les rendre plus accessibles et sécurisés, plus accueillants, plus fonctionnels. Il m'a semblé qu'il était important en parralèle de notre chantier matériel de vivre aussi un chantier spirituel, de réfléchir ensemble sur notre vie d'église, dans ses différentes dimensions : la foi personnelle, la vie communautaire et le témoignage dans le monde.

 

Pour nous rafraichir rapidement la mémoire, nous avons d'abord réfléchi ensemble sur 1) la nécessaire déconstruction de ce qui nous encombre, nous entrave, puis 2) sur la place de chacun connu par son nom dans ce chantier de construction de notre église (Néhémie), puis 3) sur le fait d'etre ensemble le temple où Dieu habite par son Esprit, et enfin 4) sur la richesse et la diversité de la maison de Dieu, une maison de prière, de rencontre avec Dieu pour tous les peuples (Es 56).

 

Evidemment, s'intéresser à notre petit chantier peut sembler bien futile voire nombriliste, à l'aune des épreuves traversées, à l'aune des évenements nationaux et internationnaux. Pourtant, réfléchir sur notre identité, notre vocation n'est pas inutile... justement. Et je repense à cette phrase de Martin Luther : Si l'on m'apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier.”

 

Justement c'est de fin du monde qu'il est question dans le livre et particulièrement ici dans ces derniers chap de l'Apoc. Ces derniers jours, entre attentats porteurs de morts et urgence écologique, un bon nombre d'entre nous sont saisis d'angoisse. Ne serait-ce pas les signes de la fin ? A quoi bon ? Comment agir ? Que faire... tels sont plusieurs des échanges que j'ai pu avoir avec les uns ou les autres cette semaine.

Alors oui, le livre de l'Apocalypse peut nous parler, peut nous transmettre la parole de Dieu.

 

La Crise : il y a crise, le livre de l'apoc parle d'un temps de crise, de bouleversements, de combats (je n'ai pas lu tous ces textes ce matin), de conflits. Et aussi de la tourmente dans laquelle sont pris ceux qui tentent de rester fidèles à Dieu. L'Apoc nous dit qu'il y aura une fin, que cette fin est le signe du jugement de Dieu sur le péché et la méchanceté des hommes. La venue du monde nouveau passe par la disparaison du monde présent, qui deviendra le monde ancien. C'est la raison pour laquelle dans le monde nouveau, il n'y a plus de mer (symbole de danger) ni de nuit, ni de larme, ni cri ni souffrance. Tout cela est présent maintenant, mais ne sera pas présent pour toujours. Ce n'est pas ce à quoi notre monde est destiné.

 

Actuellement, notre monde est dominé par des puissances qui sont ennemies de Dieu, contraires à sa bienveillance e à son amour, des puissances de mort, de destruction, des puissances de rejet, de haine, d'oppression et de domination de l'autre, des puissances qui nous font souvent rêver d'etre du côté des forts, pour mépriser ou écraser les fragiles, qui nous donnent des envies de vengeance. Nous pouvons si facilement retrouver l'empreinte des ces puissances dans toutes les pages de nos journaux. Mais comme le dit l'apotre Paul « Oui, j'en suis sûr, rien ne pourra nous séparer de l'amour que Dieu nous a montré dans le Christ Jésus, notre Seigneur. Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les esprits, ni le présent, ni l'avenir, ni tous ceux qui ont un pouvoir, ni les forces d'en haut, ni les forces d'en bas, ni toutes les choses créées, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu ! » (Romains 8, 37-39)

 

Mais cette crise qui doit aboutir à la fin de ce monde-ci pour apporter un monde nouveau, cette crise n'est pas le fruit du hasard ou du nécessaire aboutissement des choses. Pour l'auteur de l'Apoc, elle est dans la main de Dieu. Par le jugement du monde, du mal et du malheur, Dieu est le seul juge. L'humanité n'a pas le pouvoir d'autodestruction du monde, même si elle peut s'en approcher dangeureusement. La fin appartient à Dieu, tout comme le début.

 

Dans cette fin, il y a le jugement sur le monde ancien et sa disparition, mais aussi l'attente d'un monde nouveau.  Voici je fais toutes choses nouvelles dit Dieu. Le monde nouveau est une nouvelle création de Dieu. Ce monde nouveau est un don de Dieu, une nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel, qui est envoyée par Dieu. Ce n'est pas le progrès de l'homme qui fait advenir le monde nouveau, mais le don de Dieu.

 

Et en même temps, avec une grande subtilité, ce monde nouveau, cette création nouvelle n'est pas un jardin, comme dans le début de la Bible, dans la Genèse. La fin n'est pas un retour à la case départ, au jardin originel, à la matrice. Pas une utopie écologique idolatrée.

 

La fin est une ville : symbole du projet de l'homme, de sa technique, de sa connaissance, de son action, de la construction sociale, des relations humaines. Dieu, dans ce monde nouveau, n'annule pas d'un trait de plume toute l'histoire des hommes. Il l'assume et la transfigure. Jacques Ellul commente ce passage en disant : « Ainsi Dieu exauce dans la Jérusalem céleste ce qui a été le projet de l'homme, ce qui a été sa patiente recherche au travers de toutes les civilisations, ce qui a été son espérance et son attente ».

 

Dans cette nouvelle Jérusalem, plus de temple. Puisque Dieu habite au milieu de son peuple. Il est lui même le temple. Cette ville est le lieu de la rencontre totale et parfaite de Dieu et de l'humanité réconciliée, rachetée par le sang de l'Agneau.

 

Ce message de l'apoc n'est pas une parole de démobilisation ou de passivité, au contraire. Elle nous place devant un choix radical :

Comment vivons nous ? Vivons nous comme si nous pensions que ce monde actuel, marqué par la mort, le mal et le malheur subsistera toujours ? Nos choix sont ils les choix de personnes encore endormies ou éveillées à cette réalité du monde qui vient ? En quoi plaçons notre confiance, nous qui sommes étrangers et voyageurs sur la terre ? (I Pierre 2,11)


Pour autant, nous avons un combat à mener, le combat de la confiance et de l'amour, contre le fatalisme, et contre toutes les idoles qui asservissent l'homme et le trompent, un combat pacifique contre nous même, un combat avec notre allié le Saint Esprit, un combat pour témoigner au monde que l'espérance est possible, par ce que le Mal n'aura pas le dernier mot. C'est la promesse de l'apoc. Un monde vient où il n'y aura ni deuil, ni cri ni souffrance, un monde où Dieu habitera et illuminera les siens. Entre temps, notre vocation est d'etre témoins de réconciliation, afin que chacun trouve son nom inscrit dans le livre de vie de l'Agneau.  Amen.

 

(Notes d'après l'Apocalypse, c'était demain, Elian Cuvillier)

 

 

 

1er novembre 2015

Dimanche 1er novembre 2015

Série « Une église en chantier... » 3

Predication

 

I corinthiens 3, 16

16Vous êtes le temple de Dieu, et l'Esprit de Dieu habite en vous. Vous ne savez donc pas cela ?

 

Frères et sœurs

ce matin, nous reprenons le fil de nos réflexions bibliques autour de la question de la construction...

en parallèle avec le projet de rénovation de notre batiment qui a bien commencé, je vous propose de réfléchir ensemble tout au long de ce trimestre sur le thème de la construction. Parce que si notre batiment-église est en chantier, notre communauté-église, dont nous nous sommes les pierres vivantes, cette église là est aussi en chantier.

 

Ce chantier se déploie dans 3 dimensions : ce que Dieu construit en chacun de nous, comment il nous construit ensemble, et ce qu'il construit à travers nous pour le monde ? la dimension personnelle de la foi de chacun de nous et puis aussi la dimension de ce que nous vivons en tant que communauté, et puis comment nous pouvons aussi constuire ou en tout cas participer bien humblement, bien modestement à la construction du Royaume, à la construction du monde tel que Dieu veut le transformer. 

 

Il y a qq semaines nous avons évoqué la déconstruction, qui est nécessaire pour toute rénovation. Et le besoin de déconstruire nos idées préconçues sur Dieu, nos préjugés, nos schémas mentaux ou spirituels, pour nous laisser enseigner et tranformer par Jésus. Pour recevoir de lui.

Puis nous avions vu à travers le témoignage de Néhémie, dans le 1er testament, comment chacun est appelé à entrer dans ce projet de construction, à sa mesure, à sa place. Nous avions lu ensemble la longue liste des noms de tous ce qui ont participé à la construction des remparts de Jérusalem après l'exil, lorsque le peuple d'Israel est vaincu par les babyloniens puis autorisé par l'empereur perse à rentrer, à reconstrure le temple, et les murs de la ville. Cette liste est pour nous une image de ce que chacun à une place, chacun est appelé à entrer dans cette construction, quelque soit sa compétence, ou son incompétence, qq soit ses forces ou ses fragilités.

 

Cette semaine, les ouvriers qui travaillent sur notre chantier ont attaqué les gros travaux, ceux qui font du bruit, de la poussière, des gravas... ceux qui sont désagréables... mais il faut en passer par la pour parvenir à ce que nous avons prévu, pour accomplir notre projet d'etre une église plus accueillante, plus fraternelle, plus accessible pour chacun. Mais vous le savez bien, le batiment n'est rien. L'église n'est pas un batiment, l'église c'est vous, c'est nous.

L'église c'est ce que nous vivons ensemble. Ce que nous recevons ensemble, ce que nous partageons, ce qui nous construit, ce qui nous fait grandir dans notre confiance en Dieu, ce qui nous rend plus fraternels, plus serviteurs les uns des autres, ce qui nous apprend à aimer.

 

Aujourd'hui, nous méditons sur une très courte phrase de Paul :

16Vous êtes le temple de Dieu, et l'Esprit de Dieu habite en vous. Vous ne savez donc pas cela ?

1e chose : Une parole qui est adressé à une église, non pas à une personne. Une parole pour une communauté.

 

Que veut dire être le temple de Dieu ?

Dans le langage biblique, le temple, c'est la maison de Dieu. Celle où il "habite" symboliquement, c'est le lieu de sa présence au milieu de son peuple, le lieu de la rencontre avec Dieu. Meme si, comme l'exprime Salomon quand il construit le premier temple, Dieu ne peut pas habiter dans un qqconque batiment.

« Est-ce que Dieu peut vraiment habiter sur la terre ? Le ciel est immense, mais il ne peut pas te contenir, toi, mon Dieu. Et ce temple que j'ai construit est beaucoup trop petit pour toi. 28Pourtant, SEIGNEUR mon Dieu, sois attentif : moi, ton serviteur, je te prie et te supplie. Oui, écoute la prière fervente que je t'adresse aujourd'hui. 29Ouvre tes yeux ! Pose ton regard nuit et jour sur ce temple. Tu as parlé de ce lieu en disant : “C'est ici que je serai présent.” Écoute la prière que je t'adresse en ce lieu même. 30Écoute mon appel et l'appel de ton peuple Israël quand nous prions dans ce lieu. Écoute-nous, SEIGNEUR, du haut du ciel où tu habites, écoute-nous et accorde-nous ton pardon. » (I Rois 8)

 

Dans l'évangile de Jean, au chapitre 1, il est écrit : 14La Parole est devenue un homme, et il a habité parmi nous. Nous avons vu sa gloire. Cette gloire, il la reçoit du Père. C'est la gloire du Fils unique, plein d'amour et de vérité.

C'est une autre étape dans la relation entre Dieu et les hommes. Dieu vient habiter non plus dans le temple de Jérusalem, ou dans un autre lieu. Il vient habiter au milieu de l'humanité, en l'humanité, en Jésus. C'est ce que nous appelons l'incarnation. Dieu devenu homme.

 

Mais la relation entre Dieu et l'humanité ne s'arrete pas la ! Dieu veut venir habiter en nous. Au plus intime de nous. Par son Esprit, il vient habiter l'église. Ailleurs, un peu plus loin dans la même 1e lettre à l'église de Corinthe, Paul dira que notre corps est le temple du SE. Il y a donc à la fois une dimension très personnelle et une dimension communautaire.  

Dans la maison de ma grand mère, où je passais mes vacances d'enfant, il y avait un chauffe-eau à gaz. Une veilleuse était toujours allumée. Mais le chauffe-eau se mettait en route quand on ouvrait l'eau chaude. La, le bruleur s'embrasait d'un coup, pour produire l'eau chaude demandée. 

Un peu à l'image de ce chauffe-eau, dans la vie de beaucoup d'entre nous, seule la veilleuse est allumée. Quand l'Esprit Saint vient remplir la vie d'une personne, la chaudière se met en route et ils deviennent tout feu tout flamme. La différence devient visible de l’extérieur. Les fruits sont produits.

 

L’Esprit Saint n’a pas toujours la liberté de travailler en nous. L'Esprit ne veut pas seulement le strapontin.

Il veut nous introduire dans une dimension plus profonde de la connaissance et de l'intimité avec Dieu.

Il veut nous conduire plus proche de Dieu. Il veut nourrir notre foi, il veut nous accorder à la volonté de Dieu.

Nous pourrions penser que croire en Dieu, croire en Jésus, aller au culte, être baptisé, lire La Bible et prier de temps en temps, ou même tous les jours ca suffit. Mais tout cela c'est ce que nous faisons... en oubliant parfois de nous ouvrir à ce que Dieu veut faire en nous. 

En oubliant qu'il veut lui être à l'oeuvre en nous.

Ouvrir la porte, consentir, accueillir, être le cœur ouvert pour recevoir l'Esprit, pour nous laisser remplir et inspirer, et guider.

L'Esprit de Dieu est esprit de feu et de douceur, il est a la fois, le vent et le souffle de vie.

AU CP, nous avons entrepris de lire ensemble tout au long de l'année le livre des Actes. C'est un livre qui nous raconte tout ce qui se passe lorsque des hommes, des femmes se laissent saisir et remplir par l'Esprit... cela ne passe pas inaperçu. Il y a des effets : en eux, et à travers eux. Des vies transformées, guéries, restaurées, des regards qui changent, des perspectives qui se modifient...

 

Alors je pense que certains se disent... oui, on connait déjà cette musique. Et ca ne marche pas. Ca marchait pour le temps des apotres, pour autrefois, mais auj, regardez nos vies, regardez le monde : est ce que Dieu peut vraiment faire de nous le temple de son Esprit ? et nous sommes déjà convaincus des raisons pour lesquelles Dieu ne va pas le faire. Certains se disent déjà : « Je crois que Dieu peut agir ainsi. Mais ca ne marche pas pour moi ! J'ai essayéen 1987, et ça n’a pas marché. »

Il peut y avoir des obstacles dans nos vies, qui nous empechent de nous ouvrir à l'Esprit. Parce que c'est bien ce que l'ennemi de nos ames veut le plus. Nous empecher de laisser Dieu nous toucher au plus profond de nous.

Il y a Le doute : « est ce que je vais vraiment etre écouté, être exaucé ? » Jésus dit : “Je vous dis: demandez et vous recevrez.” Constatant le scepticisme de ses disciples, Jésus répète une 2e fois, avec d'autres mots : “Cherchez et vous trouverez.” Puis une troisième fois : “Frappez et on vous ouvrira.” Connaissant la nature humaine, il redit une quatrième fois : “Quiconque demande reçoit.” et puis encore : “Celui qui cherche trouve.” et encore : “On ouvre à celui qui frappe.” Pourquoi se répéter ainsi. Pour effacer nos doutes, nos difficultés à croire. Quand Dieu répète, ce n’est pas qu’il bégaye, c’est qu’il insiste !

Il y a la peur. On est comme les Gaulois d’Astérix et Obélix, on a peur d’une seule chose : que le ciel nous tombe sur la tête. « Oh je sais pas Seigneur, je suis pas sûr de le vouloir. Qu’est-ce qui va m’arriver si je suis empli de l’Esprit Saint ? Que va-t-on dire dans ma paroisse ? Que va dire mon conjoint ? Que vont dire mes enfants ? Mes voisins, mes collègues ? Qu'est ce que tu vas me demander ?» mais L'Esprit de Dieu est notre ami et non pas notre ennemi.

Il a aussi le sentiment de notre indignité. Nous n’arrivons pas à croire que Dieu veuille vraiment agir en nous. Nous croyons volontiers qu’il le fait pour les chrétiens expérimentés ou méritants, mais pas à nous. Mais Jésus n’a pas dit : “Le Père du Ciel donnera l’Esprit Saint à tout chrétien expérimenté ou à tout chrétien qui le méritera.’’ Non. Il a dit : « Le Père du ciel donnera l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent. »

Vous etes le temple du Saint esprit. Et l'Esprit du Dieu vivant, du Dieu qui a créé les univers, qui a appelé Abrahama, qui a parlé à Moise, qui a accompagné son peuple, l'Esprit du Dieu qui a ramené Jésus de la mort à la vie, l'Esprit de Dieu habite en nous. N'ayons pas peur !

 

Pour terminer je veux prendre les mots du patriarche Ignace d'Antioche :

 

Sans l’Esprit Saint, Dieu est loin,le Christ reste dans le passé, l’Évangile est une lettre morte,

l’Église une simple organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, le culte une évocation,

et l’agir chrétien une morale d’esclave.

Mais avec l'Esprit : le cosmos est soulevé et gémit dans l’enfantement du Royaume,

le Christ ressuscité est là, l’Évangile est puissance de vie, l’Église signifie la communion trinitaire,

l’autorité est un service libérateur, la mission est une Pentecôte, la liturgie est mémorial et anticipation,

l’agir humain est un chemin vers Dieu.

 

Amen.

 

Pasteur Caroline Schrumpf 

27 septembre 2015

Série « Une église en chantier... » I

PREDICATION

 

Marc 2, 1-12

 

Frères et sœurs,

vous le savez sans doute, notre église est entrée dans un temps de chantier au sens propre.

Chantier qui a commencé très concrètement pour nous en ce début de septembre et qui va nous occuper plusieurs mois. Chantier qui nous permettra d'accueillir chacun, même en situation de handicap dans de meilleures conditions, dans un lieu plus adapté. Ce qui nous a conduits à décider de revoir aussi un certain nombre de nos locaux, par ex les locaux dans lesquels nous accueillons les falmilles et les personnes pour la distribution alimentaire... et également les locaux dans lesquels nous accueillons les enfants et les jeunes, et les scouts tout au long de l'année. Bref, nous avons commencer un gros chantier qui comprend des aspects de rénovation et de mise au normes incendie et accueil handicap, avec un ascenceur, un nouvel espace d'accueil, le bureau du pasteur qui sera désormais au rdchaussée, et aussi une salle coligny renovée, de nouvelles fenetres dans plusieurs salles pour que nous ne chauffions plus le ciel de la place Edouard Normand mais notre batiment.

 

Tout ce travail a pris du temps et de l'énergie, de l'audace, de la confiance de la part du Conseil et de nombreuses personnes qui ont participé d'une manière ou d'une autre à cette élaboration, et aussi de vous tous puisque cette décision a été prise en assemblée générale, et vous etes aussi nombreux avec bcp d'autres à avoirparticipé financièrement par vos dons. Cela a aussi été quelques nuits blanches pour le trésorier et la présidente... mais maintenant ca y est tout est lancé.

 

Une église en chantier au sens propre.

Elle est aussi toujours en chantier au sens figuré !! que faisons nous ? Pourquoi le faisons nous ? Quelle est notre mission, notre appel dans le monde ? Ce sont des questions que nous nous posons et nous reposons souvent, notamment avec le Conseil presbytéral pour vérifier réguliè!rement où nous en sommes ? Et comment nous sommes en phase avec le projet que Dieu apour nous et ce qu'il attend de nous, ou s'il faut nous réajuster à son projet.

 

Cette double dimension de chantier m'a semblée une bonne occasion pour nous de refléchir ensemble sur ce que Dieu construit en nous et comment il nous construit ensemble et ce qu'il construit aussi à travers nous - il y a bien ces 3 dimensions différentes dans notre vie d'église : la dimension personnelle de la foi de chacun de nous et puis aussi la dimension de ce que nous vivons en tant que communauté, dans laquele chacun de vous a sa place, et il y  encore de la place pour bcp d'autres... et puis comment nous pouvons aussi constuire ou en tout cas participer bien humblement, bien modestement à la construction du Royaume, à la construction du monde tel que Dieu veut le transformer. 

Le dimanche 13 septembre, lors du culte de rentrée, le pasteur François anglade nous rappelait comment à l'époque du retour d'exil pour le peuple d'Israel, après les années passées en Exil à Babylone, le prophète Aggée avait interpellé le peuple de la part de Dieu pour que le temple soit reconstruit.

Eh bien, est-ce que c'est le moment d'habiter dans vos maisons bien décorées pendant que mon temple est un tas de pierres ?  Aggée 1, 4

et nous nous sommes aussi souvenus quand dans la nouvelle alliance en Jésus, désormais le Temple de Dieu n'est plus une maison de pierres mais des pierres vivantes, l'Eglise de Jésus christ, au dela des étiquettes et des dénominations, un temple spirituel, un peuple qui offre des sacrifices de louange à Dieu. (I Pierre 2).

 

Aujourd'hui et dans les semaines qui viennent, je vous propose un parcours de prédications sur ce thème de la construction. Pour que ce ne soit pas seulement nos batiments que nous rénovions, mais aussi peut être nos manières d'etre église ensemble, notre témoignage commun, notre vie spirituelle et pratique. Mais aussi notre prière personnelle, notre relation de confiance en Jésus, la manière dont nous nourrisons notre foi, c'est à dire notre fréquentation de la Bible, comment nous restons à portée de voix du Seigneur, comment nous restons vivants en lui, proches de lui, nourris et abreuvés de son amour.

 

Ce matin, après ce long préambule, écoutons la lecture de l'Evangile de Marc.

? LECTURE Marc 2, 1-12

 

C'est l'histoire d'une rencontre étonnante entre Jésus et un homme qui semble bien malheureux. 

Il est malheureux d'abord au point de vue physique. Il est paralysé des jambes. Il ne peut pas se suffire, il n'est pas autonome pour se déplacer, il n'est pas maitre de lui même.  il est dans un état de dépendance des autres.

Ensuite, il est malheureux socialement : il ne peut pas travailler. La seule chose qu'il puisse faire, c'est tendre la main, au coin d'une rue, pour demander l'aumône. Un signe de sa pauvreté : sa couche. Ce n'est pas un lit, mais un simple grabat, sans doute une natte tendue sur un cadre en bois pour former une sorte de civière.

Enfin, il souffre sans doute intérieurement et spirituellement. A ses propres yeux et aux yeux de tous, son handicap, comme toute maladie, est l'indice visible d'un mal plus profond. Quel péché a-t-il commis pour être en cet état ? De Quelle culpabilité inavouée porte-t- il la trace. C'est en tout cas la manière dont il était regardé à l'époque.

La rencontre qu'il va vivre avec Jésus va tout bouleverser. Comme c'est toujours le cas quand on expérimente une rencontre avec celui qui est la Vie, le Chemin et la vérité.

Mais ce qui nous intéresse ce matin c'est la manière dont cette rencontre va pouvoir avoir lieu.

 

Vous avez entendu la description de la scène : il y a foule autour de la maison ou Jésus se trouve. Il y a tellement de monde, que les 4 amis qui portent l'homme sur son brancard ne peuvent absolument pas s'approcher. La foule fait obstacle. Alors ils ont une idée géniale, ils montent sur le toit terrasse de la maison et ils défont les palmes recouvertes de torchis qui servaient de toit. Idée géniale... mais imaginez la tete du propritétaire de la maison… et des gens (et de Jésus) qui se trouvaient en dessous. Ils ont du se demander ce qui se passait et quelle drole d'idée leur passait par la tete. Ils n'ont peut être pas été ravis de prendre sur la tete la poussière ou les gravats qui tombaient du toit.

 

Un chantier de rénovation comme le notre commence souvent par de la déconstruction, de la démolition. Enlever ce qui est devenu gênant au fil du temps, ce qui est abimé, ce qui ne convient plus pour faire place au nouveau. Pour faire place à ce qui a besoin de grandir, de s'édifier.

 

C'est un peu ce que vont expérimenter tous les personnages de notre histoire. Le geste des 4 amis est un geste fort qui va résonne jusque dans les paroles de Jésus et autour de lui. L'homme paralysé va être remis debout à la fin de l'histoire. Mais d'abord il est pardonné. Ce qui veut dire délivré de ce poids, de ce regard qui identifiait son handicap à son péché. Puis Il va être reconstruit, relevé sur des bases, sur des fondations nouvelles ; une parole de vie qui l'ouvre à une vie nouvelle. Tes péchés sont pardonnés. Tu peux te lever et marcher.

Cette reconstruction de sa vie passe aussi par la démolition du toit qui est le signe de la déconstruction du  schéma handicap=péché qui l'emprisonnait.

 

Mais la déconstruction va aussi toucher les certitudes trop bien construites des Scribes et les pharisiens. Comment ose-t-il parler ainsi ? Il insulte Dieu ! Eux aussi vont devoir faire un chemin de déconstruction, mais ce chemin est difficile. Surtout lorsqu'ils sont si bien installés dans leur système de pensée théologique, dans leur pensée sur Dieu. Pour eux Jésus révèle son autorité et son identité : vous devez le savoir - le Fils de l'homme a le pouvoir de pardonner les péchés sur la terre. »  

 

La rencontre avec Jésus est une rencontre qui invite toujours à vivre ce processus de déconstruction / reconstruction. Les 4 amis ont fait ce jour-la un geste pratique qui a ouvert le chemin vers Jésus pour le paralysé.  Et aussi un geste symbolique !

 

Quelle déconstruction de schéma qui nous emprisonne sommes nous appelés à vivre avec le Christ ? Pour nous emmener sur un chemin de vie.

Et à quelle déconstruction de nos certitudes trop bien établies sur Dieu sommes nous invités par le Christ ce matin.

 

Ces questions sont pour chacun de nous, mais aussi pour nous comme église, comme communauté.

Quels sont les plafonds qui devront être percé pour que ceux que nous gardons éloignés du Seigneur puissent le rejoindre ? Quels sont les amis paralysés, immobiles, que nous avons à porter vers Jésus, quitte à déconstruire un peu la maison ? A quelles déconstructions de notre vie d'église trop bien ficelée sommes nous appelés ?

Un chantier c'est toujours le chantier ! Ya de la poussière, des gravats, c'est pas très propre, c'est pas très net.

Que notre vie avec le Seigneur, et notre vie d'église soit toujours en chantier ! Amen.

  

Dimanche 4 octobre 2015 : une église en chantier (2)

Néhémie 1, 1-4 puis 2, 11-18 et 3

 

Frères et sœurs,

durant les semaines qui viennent, en parallèle avec le projet de rénovation de notre batiment qui a bien commencé, je vous propose de réfléchir ensemble sur le thème de la construction. Parce que si notre batiment église est en chantier (et il l'est, et  encore pour plusieurs semaines, même si dès maintenant la salle Coligny va pouvoir à nouveau accueillir des activités), notre communauté église, dont nous nous sommes les pierres vivantes, cette église là est aussi en chantier. Dimanche dernier, je distinguais les 3 dimensions de ce chantier : ce que Dieu construit en nous, comment il nous construit ensemble, et ce qu'il construit à travers nous pour le monde ? la dimension personnelle de la foi de chacun de nous et puis aussi la dimension de ce que nous vivons en tant que communauté, et puis comment nous pouvons aussi constuire ou en tout cas participer bien humblement, bien modestement à la construction du Royaume, à la construction du monde tel que Dieu veut le transformer. 

 

Pour que ce ne soit pas seulement nos batiments que nous rénovions, mais aussi peut être nos manières d'etre église ensemble, notre témoignage commun, notre vie spirituelle et pratique. Et aussi notre prière personnelle, notre confiance en Jésus, la manière dont nous nourrisons notre foi à la lecture de la Bible, comment nous restons proches du Seigneur, au quotidien.

 

Dimanche dernier, nous avons vu ensemble que dans la rénovation, avant de construire il faut démolir ce qui est inutile, abimé, gênant. La construction passe par une certaine forme de déconstruction. Cela s'applique à notre batiment, et aussi à notre vie. Déconstruction des structures mentales qui souvent nous emprisonnent, des étiquettes, des certitudes trop bien établies, des images de Dieu que nous nous créons à notre image. Entrer dans une vie de foi, de confiance en Dieu, c'est laisser Dieu déconstruire notre penchant naturel à ne faire confiance qu'en nous même, à n'aimer que ceux qui nous ressemblent, à n'agir que lorsque nous sommes surs de réussir...

 

Ce matin, nous voilà avec le récit du livre de Néhémie. Je ne sais pas si c'est un récit et un personnage de la Bible qui vous est familier. Néhémie vient à la suite de ce que nous avions lu il y a qq semaines, les paroles du prophète Aggée. A la suite de la victoire des armées babylonnières de Nabuchodonosor sur le royaume de Juda, en 587, la ville de Jérusalem et le temple ont été largement détruits. Une partie de la population a été emmenée en exil à Babylone. 50 ans plus tard, Cyrus roi de Perse a vaincu les Babyloniens et autorise les habitants de Juda à rentrer dans leur pays et à reconstruire le temple. Ce qui sera accompli par Zorobabel. Mais quelques dizaines d'années plus tard, alors que Néhémie est un juif resté à la cour du roi de Perse successeur de Cyrus, le roi Ataxerxes où il a la fonction de sommelier, Néhémie recoit des nouvelles de ce qui se passe à Jérusalem. Certes le temple est reconstruit, mais la ville est encore en ruine, et ses murailles sont laissées à l'abandon.

 

Alors Néhémie se confie à Dieu, le cœur brisé. Et quelques jours plus tard, avec l'autorisation et la protection du Roi de Perse, il peut rentrer à Jérusalem. Et dès son arrivée, se prépare pour son projet.

De ce récit de Néhémie, je voudrais retenir quelques élements, qui peuvent être très parlants pour nous et pour notre église auj. 

 

Bien sur, Néhémie joue un rôle essentiel, puisque c'est lui qui amorce le projet de reconstruction des murs.

Et lui qui va entamer un grand projet de reconstruction, la première chose qu'il fait : il s'assoit pendant plusieurs jours, il reste dans la tristesse, il a le cœur brisé par la situation de son peuple, il jeune et il prie, il cherche la face de Dieu. Il demande pardon, il demande à Dieu de le guider. Il confie son projet dans les mains de Dieu. 

 

Et lorsqu'il arrive à Jérusalem, il prend 3 jours de pause, il ne fait rien. Puis il sort de nuit, pour faire le tour de la ville et voir de ses yeux les ramparts en ruine et les portes calcinées.

Alors seulement, il va lancer un appel pour reconstuire les murs de la ville tout en témoignant de ce que Dieu a déjà fait pour lui.

 

2e élément : tout le chapitre 3 va faire la liste de toutes les personnes qui participent à la reconstruction, en donnant en détail tout le périmètre de la muraille, avec les portes et les tours et tous les détails topographiques et architecturaux des murailles. On pourrait se demander pourquoi l'auteur biblique prend la peine de nous raconter ce qui il faut bien le dire nous paraît assez fastidieux à la lecture, avec des répétitions, et quand on ne connait pas la configuration des lieux toute cette description est difficile à imaginer.

Ce qui a attiré mon attention ici, c'est justement ce foisonnement de détail. Il y a qq mois, j'ai lu avec d'autres les descriptifs des lots pour notre chantier ce qu'on appelle le CCTP (cahier des clauses techniques particulières)... c'est une lecture qui est assez rébarbative pour qui ne s'y connait pas. Et pourtant, il faut tout relire attentivement.

C'est ce que nous avons fait aussi... et vous avez relevé avec moi...

nous avons les noms et les généalogies (pour ne pas se tromper), les lieux de résidence ou d'origine de chacun, les métiers, les lieux ou les circonstances particulières dans lesquelles chacun a travaillé au chantier de reconstruction. Chacun a son secteur, plus ou moins important. Chacun accomplit la tache qui lui est confiée.

 

Il n'y pas pas que les maçons ou les charpentiers impliqués dans cette œuvre : tout le monde s'y met. Le grand-prêtre, et ses collègues prêtres du temple, des lévites. Des hommes et aussi des femmes (les filles de Challoum mentionnées au v12), l'orfèvre Ouziel, le parfumeur Hanania, des marchands (v32), des personnes qui n'étaient pas spécialement qualifiés pour ce type de projet. On note aussi dans la liste des responsables, des chefs de district, mais aussi les employés subalternes du temple, des personnes qui habitent Jérusalem et réparent le mur près de leur maison, mais aussi les habitants d'autres villes ou villages, de Jéricho, de Senaa, de Tékoa, de Gabaon. L’auteur ici, ne se contente pas de mentionner que beaucoup de personnes se sont impliquées dans cette oeuvre de reconstruction, il prend le temps de noter le nom de chaque personne qui aidait à réparer les portes et les murs. 

 

Dans cette œuvre communautaire, chacun a sa place. Chacun est invité à prendre sa place. Et Dieu connait le nom de chacun. Dans la construction de notre église, chacun a sa place. Ceux qui ont déjà des responsabilités comme ceux qui semblent peu ou pas spécialement qualifiés.

 

Eh bien, le Christ est semblable à un corps qui se compose de plusieurs parties. Toutes ses parties, bien que nombreuses, forment un seul corps. 13Et nous tous, Juifs ou non-Juifs, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps par le même Esprit Saint et nous avons tous eu à boire de ce seul Esprit.

14Le corps ne se compose pas d'une seule partie, mais de plusieurs. (…) Or, vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps. (I Corinth 12, 12-14 et 27)

 

Amen. 

Dimanche 6 septembre 2015

Habacuc 1, 1-4 et 2, 1-4

1Voici le message que Dieu a fait connaître au prophète Habacuc dans une vision. Le prophète fait appel au Seigneur.

2SEIGNEUR, je vais t'appeler au secours pendant combien de temps ? Tu n'écoutes pas ! Je crie contre la violence, mais tu ne sauves pas ! 3Pourquoi est-ce que tu me fais voir le mal ? Pourquoi regardes-tu notre misère sans réagir ? Partout autour de moi, les gens pillent et agissent avec violence. Il n'y a que des procès et des disputes. 4Personne n'applique les lois, personne ne rend la justice comme il faut. L'homme mauvais attaque celui qui est honnête, et les juges rendent des jugements injustes. 5Le Seigneur dit : « Observez bien ce qui se passe parmi les autres peuples, soyez étonnés et très surpris ! Oui, quelque chose d'extraordinaire va arriver pendant votre vie. Si on vous raconte cela, vous ne le croirez pas ! (…)

1Moi, je veux rester à mon poste de garde, je resterai debout sur le mur de défense. J'attendrai pour savoir ce que Dieu me dira

et comment il répondra à mes plaintes. 2Alors le SEIGNEUR m'a répondu : « Écris ce que je te fais connaître. Écris-le clairement sur des tablettes, pour qu'on le lise facilement. 3Les choses que je te fais voir arriveront, mais seulement au moment fixé. Elles vont bientôt se réaliser, ce n'est pas un mensonge. Attends avec confiance, même si c'est long. Oui, c'est sûr, elles arriveront sans retard. 4Écris : Celui qui a de mauvaises intentions perd ses forces. Mais celui qui est fidèle à Dieu est juste et ainsi, il a la vie.

 

Matthieu 2, 13-15

13Quand les sages sont partis, l'ange du Seigneur se montre à Joseph dans un rêve. L'ange lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère. Pars vite pour l'Égypte ! Reste là-bas. Je te dirai quand tu dois revenir. En effet, Hérode va chercher l'enfant pour le faire mourir. » 14Joseph se lève, il prend avec lui l'enfant et sa mère et il part pour l'Égypte, pendant la nuit. 15Il reste là-bas jusqu'à la mort d'Hérode le Grand. Ainsi se réalise ce que le prophète a dit de la part du Seigneur : « J'ai appelé mon fils à sortir d'Égypte. »

 

Proverbes 31, 8-9

8Toi, tu dois parler pour ceux qui n'ont pas la parole. Tu dois prendre la défense de ceux qu'on abandonne. 9Parle ! Juge avec justice ! Défends les malheureux et les pauvres ! »

 

Lévitique 19, 33-34

33« Quand un étranger viendra s'installer chez vous, dans votre pays, ne profitez pas de lui. 34Au contraire, vous agirez avec lui comme avec quelqu'un de votre peuple. Vous devez l'aimer comme vous-mêmes. En effet, vous aussi, vous avez été des étrangers en Égypte. Le SEIGNEUR votre Dieu, c'est moi.

 

Jacques 2, 1-5

1Mes frères et mes sœurs, vous croyez en Jésus-Christ, notre Seigneur plein de gloire. Alors ne faites pas de différence entre les gens. 2Prenons un exemple : un homme vient là où vous êtes réunis. Il porte une bague en or et des habits très beaux. Un pauvre vient à la même réunion, il est mal habillé. 3Vous montrez plus de respect à l'homme qui porte les beaux habits et vous lui dites : « Vous, asseyez-vous ici, à cette bonne place ! » Au pauvre, vous dites : « Toi, reste debout ! » ou bien : « Assieds-toi là, par terre, à mes pieds ! » 4Quand vous agissez ainsi, est-ce que vous ne faites pas des différences entre vous ? Est-ce que vous ne jugez pas avec un cœur mauvais ? 5Écoutez, mes frères et mes sœurs très aimés ! Est-ce que Dieu ne choisit pas justement ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il veut les rendre riches en leur donnant la foi, il veut qu'ils reçoivent le Royaume promis à ceux qui ont de l'amour pour lui.

 

Freres et sœurs,

Ce matin, il est difficile d'oublier l'actualité de notre monde, d'effacer de nos esprits ces images des dernieres semaines, des derniers mois, des derniers jours. Des bateaux croulant sous le nombre de passagers, des centaines d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards suivant des chemins incertains et cruels, des regards perdus, des mains accrochées aux grillages, des corps échoués. Nous les avons vues, vous les avez vues.

Devant ces images, mais surtout devant la réalité qu'ils nous donnent à voir, comme nous l'avons fait hier place royale, notre premiere réaction est le silence et l'émotion.

Quelle parole pourrions nous dire ce matin ?

Aucune, si ce n'est notre tristesse, notre compassion, notre désolation et notre révolte devant ces malheurs.

Bien sur, je ne suis pas experte en relations internationales, ni en politique sociale, ni en droit.

Non ce matin, je suis devant vous et nous sommes ensemble avec notre Bible ouverte, avec notre cœur ouvert à ce que Dieu veut nous dire, et avec ce que nous voulons lui dire.

J'aurai pu choisir bcp de textes mais voici ceux qui m'ont interpellé, ceux qui peuvent aujourd'hui nous donner un message, une parole, nourrir notre réflexion, et guider nos orientations. 

Il ne s'agit pas ici de donner des leçons mais de chercher ensemble.

 

PARLER !

Il y a un temps pour faire silence devant la souffrance et le malheur. Et il y a un temps pour parler.

Cette parole, ici elle a au moins deux dimensions : d'abord une parole d'indignation, même de colère.

Celle qui s'exprime par la bouche du prophète Habacuc. J'ai reparcouru en préparant ce message plusieurs des « 12 petits prophètes »... qui n'ont en fait rien de petit. Et qui se lèvent dans des temps de crise : guerre ou menace de guerre, exil, injustice flagrante, peuple d'israel infidèle à sa foi en Dieu... des paroles et des situations qui font écho à ce que nous vivons. Hab se tourne vers Dieu et l'interpelle vigoureusement : qu'est ce que tu attends ? Pourquoi n'interviens tu pas ? Une parole qui peut si facilement devenir la notre, lorsque nous sommes submergés par l'émotion, devant les difficultés, les souffrances du monde ou les notres. Une parole qui se dit dans la vérité, dans la nudité d'un cri.

 

Puis une 2e forme de parole, une parole engagée, une parole qui va prendre la défense de ceux qui ne peuvent le faire. « Parle. Ne te tais pas... » Ecris...

 

VEILLER

Se tenir en sentinelle, en état de veille, pour discerner les signes, pour dénoncer l'injustice, pour dire la vérité aux autorités, A l'exemple d'Hab qui choisit malgré tout de rester debout sur la muraille,

 

VIVRE UN AMOUR EN ACTE

Déja dans le livre du Levitique, il y a ce rappel et cette responsabilité pour les enfants d'Israël : N'oubliez pas que vous avez été des exilés, des migrants, des esclaves privés de liberté en Egypte. N'oubliez pas ce que vous étiez. Et n'oubliez pas comment le Seigneur est intervenu pour vous. Si vous ne l'oubliez pas, vous pourrez être vigilants, attentifs à l'autre devant vous, éxilé, émigré. Alors il sera pour vous votre frère, votre semblable.

 

Parfois, nous pouvons être tentés de croire que notre mission de chrétiens c'est de faire grandir notre église. Et nous sommes heureux lorsque les bancs du temple sont remplis. Et moi la première. Cela flatte notre égo (le mien). Cela montre combien nous sommes nous les protestants, une église moderne, en phase avec la société d'aujourdh'ui, pas comme d'autres... et surtout en cette année ou nous allons mettre bcp d'énergie dans nos travaux, il ne faut pas nous tromper d'objectif... sur le sens de tout ce projet, de tout cet argent, de tout cet engagement. Lorsque nous pensons que notre projet est de nous focaliser sur notre église, que notre but c'est nous même, nous perdons de vue la véritable mission que Jésus nous donne. Il n'a pas demandé à ses disciples de remplir des temples ou des églises. Il les a envoyés pour annoncer la bonne nouvelle du royaume, pour guérir, pour délivrer, pour être témoins de la grace de Dieu pour chaque être humain. Et plus particulièrment il nous envoie pour être ses témoins là où personne ne le connait, là où on l'a oublié, là où on a perdu confiance. Cette église est un lieu particulier qui nous est donné pour vivre la mission, pour vivre ensemble, pour nous entrainer, nous fortifier mais aussi pour accueillir. La parole que Jésus nous adresse ce n'est pas une parole qui nous invite à rassembler dedans, mais à aller dehors. Allez, allez jusqu'au bout du monde.

 

La mission que Jésus nous donne c'est vivre cet amour en acte, pour les autres, pour le monde, dans le monde, et pas à l'abri dans les murs de notre temple.

 

Cet amour en acte que le Seigneur attend de nous, c'est aussi une manière de vivre cet envoi en mission.

Ce ne sont pas des dimensions séparées. Même si dans notre société française, et particulièrement parce que nous devons avoir des associations d'aide sociale séparées des églises, nous avons tendance à cloisonner les deux. Vivre l'amour en acte, c'est la mission que Jésus nous confie, dedans comme dehors. Et cette mission elle est nourrie, fortifiée, renouvelée par la foi et par notre relation avec le Christ vivant.

 

Parce que si nous comptons seulement sur nos propres forces, nous n'y arriverons pas.

Nous n'arriverons pas à faire face à nos peurs, nous n'arriverons pas à dépasser le découragement, le burn-out qui guette tant et tant de travailleurs sociaux, et de bénévoles dans les associations, désespérés devant le malheur et la détresse qui semblent sans fin...

 

Nous n'arriverons pas à changer de regard sur les frontières, les nationalités, les différences... En tant que chrétien, notre loyauté et notre identité ont changé. Nous sommes des citoyens du Royaume. Ce qui veut dire que même si nous sommes citoyens de notre pays, avec une langue, une culture, un passeport, notre véritable identité n'est pas la. Elle est dans l'identité nouvelle en Christ.

 

Nous n'arriverons pas à vivre la radicalité de cet amour que Dieu attend de nous, si nous ne nous laissons pas remplir d'abord de cet amour. Nous n'arriverons pas à vivre un amour qui est prêt à se donner, un appel qui est d'abord « viens et meurs à toi-meme ». Pour pouvoir accueillir l'amour de Dieu pour toi, et aimer vraiment à ton tour. Dans la vision chrétienne de l'existence, on vit en mourrant, on s'enrichant en perdant. C'est une révolution.

 

Je voudrais terminer ce matin avec ces mots du théologien André Gounelle : Aux violences proliférantes et mortifères, le christianisme ne peut qu’opposer des paroles apparemment dérisoires : « faites du bien à ceux qui vous haïssent », « pardonnez comme vous avez été pardonnés ». Leur naïveté utopique a de quoi faire sourire les réalistes. Mais quand on voit où ils nous mènent, on se dit que ce candide idéalisme mériterait qu’on l’essaie. Il ne s’agit pas de se contenter de sentiments : établir des relations correctes avec autrui, réparer les injustices qui les entravent, surmonter ce qui sépare et divise, c’est un travail de longue haleine, difficile et semé d’embuches. Jésus a été crucifié pour l’avoir entrepris, mais n’oublions pas sa résurrection qui ouvre des voies nouvelles.?Si nous les croyants, ne cultivons pas l’espérance, ne répandons pas la confiance et ne construisons pas l’amour, qui le fera ? Nous annonçons un Dieu de vie et d’amour ; nous avons à prier, à travailler et à lutter pour que son message soit entendu et suivi. (extrait de « Ne haïssez point... »)  Amen.

 

Prédication 14 juin 2015

Dimanche 14 juin 2015

PREDICATION

 

Marc 5, 1-20

 

Frères et sœurs,

Dernièrement sur Facebook, j'ai vu circuler un petit cartoon, une petite bande dessinée avec seulement 2 dessins.

Sur le premier dessin, on voit une assemblée, on dirait l'assemblée des Nations Unies, mais cela pourrait aussi être une assemblée d'église et un orateur derrière son pupitre qui pose la question « Qui veut du changement ? »... et toutes les mains se sont levées dans l'assemblée.

Le 2e dessin est quasiment le même : la même assemblée, face au même orateur. Mais cette fois la question est un peu différente : « Qui veut changer ? »... plus de main levée, les regards sont baissés et on voit les mouches voler.

 

Cela pourrait être un des sous-titres de cet épisode que Marc nous raconte dans son évangile. Matthieu et Luc nous en font d'ailleurs le même récit à quelques nuances près. Un récit qui est frappant, saisissant, et dérangeant.

D'ailleurs, il n'apparait pas dans les lectionnaires, les listes de lectures des dimanches. Une histoire un peu trop fracassante ? Une histoire qui fait peur ? Il y a beaucoup de peur dans ce récit...

 

Trois temps dans ce récit :

La rencontre entre Jésus et cet homme qui est non un mort vivant, mais un vivant au milieu des morts et qui habite dans les tombeaux, incontrollable, associal, souffrant, un homme réduit au stade d'animal sauvage, privé de parole, lorsqu'il ouvre la bouche, c'est l'esprit mauvais qui parle, à la fois au singulier et au pluriel. Tout est confus. Un homme tourmenté par des forces de mort qui ont presque tout envahi en lui. Et un curieux dialogue qui s'instaure entre Jésus et cet esprit mauvais, curieuse négociation. Curieux combat pour Jésus, qui ne se laisse pas troubler.

 

Le déménagement ! Les esprits mauvais sont envoyés dans les porcs qui se précipitent du haut de la falaise et se noient. Eux qui voulaient entrainer l'homme vers la mort, les voilà eux précipités et engloutis.  

 

Les effets collatéraux : Les gardiens de porcs (Jésus se trouve dans une région qui est hors du territoire d'Israel, dans ce qui correspond aujourd'hui à la Jordanie) sont certainement assez furieux d'avoir perdu leur gagne-pain et un peu paniqués.  Puis c'est l'effet boule de neige, les gens affluent pour voir (c'est la téléréalité avant l'heure) et tout le monde est d'accord pour demander (pour supplier !!) Jésus de partir très vite... un peu de spiritualité d'accord, mais il ne faudrait pas que ça nous change trop quand même. Il ne faudrait pas que nos pauvres, nos malades, nos infirmes, nos repoussoirs guérissent quand même... parce qu'alors qu'est ce qui va nous arriver à nous ? Alors qu'il vient de délivrer un homme de ses démons intérieurs, c'est Jésus lui même qui est chassé, comme un homme dangereux. Et face à eux, l'homme guéri, restauré dans sa dignité humaine, habillé, assis à l'écoute de Jésus, dans la position du disciple devant son Maitre. Et il deviendra témoin, apôtre avant l'heure.

 

      C'est vrai, c'est une drole d'histoire, qui nous met peut-etre mal à l'aise parce qu'il y est question d'esprit mauvais, et que ça nous n'aimons pas trop. Pour certains, c'est une manière de parler, une manière de dire à l'époque de Jésus la maladie mentale. Pour d'autres, c'est une réalité spirituelle qui subsiste jusqu'à aujourd'hui. Ce qui est sûr, c'est que le traitement prescrit par Jésus est pour le moins étonnant et radical. Ecoutons ce qu'en dit un collègue, le pasteur Kabongo :   

 

La modernité occidentale s’est délestée de la réalité des esprits mauvais et autres “démons”, invalidant du même coup leur action supposée sur les humains et dans le monde. Ainsi désenchanté, le monde s’offre comme réalité rationnelle, exorcisée des “démons” mais tout aussi des “divinités” ! (…) Connaître l’angoisse démoniaque ou être sensible à la visitation d’anges semble être respectivement l’expérience des personnes perturbées et souffrantes, ou, au mieux le propre d’artistes et de poètes tourmentés. Les prêtres catholiques dévoués à l’exorcisme sont aujourd’hui devenus psychothérapeutes ou modestement experts en accompagnement ou coach personnel...

Alors que faire des “démons”, des esprits mauvais et surtout du combat acharné que Jésus, et l’Eglise des premiers temps après lui, leur livrent sans merci dans le Nouveau Testament ? Bien souvent nous balayons tout cela d'un revers de main, mais ces “démons”, ces esprits mauvais pourraient aussi signifier la détresse quotidienne, le désespoir qui nous saisit et envahit tout ou encore nous emprisonne et nous prive de nous même !??—A un seuil plus radical, il paraît difficile de nier la réalité démoniaque, puisque les Ecritures nous la révèlent. C’est la reconnaissance de la dramatique du mal, de la maladie et de la mort comme ce qui est là, sans raison, et qui dépasse notre raison. Bien évidemment, la Bible ne confesse pas la toute-puissance des “démons” ; elle la conteste et la combat sans relâche. Le Crucifié–Ressuscité a dépouillé les forces d’aliénation et de mort de leur pouvoir ; et malgré leur prétention à “occuper toute la place”, les “démons” et le “démoniaque” sont en réalité des entités ou des grandeurs en sursis : leur place désormais est le néant.?(...). Il n’y a de dieu que Dieu, le “démon” vient du néant et il y retourne, comme l'affirme l'Apocalypse (20,10).

(Ph. Kabongo-MBaya – source : Réforme)

 

Vous le pressentez, cette histoire est foisonnante et nous pourrions nous pencher sur bien des détails.

Je vous invite à la relire tranquillement pour que le Seigneur continue de vous parler. Pour terminer, juste quelques 

questions pour nous... A quelle place nous situons-nous dans cette histoire ? Dans quel personnage nous reconnaissons-nous ?

Si nous nous reconnaissaons dans cet homme tourmenté, recevons la visite de Jésus.

Si nous commes au milieu de ces personnes perturbées et effrayées de voir de si près l'action et la puissance de Dieu qui se manifeste à travers les paroles de Jésus ? Demandons au Seigneur de nous montrer comment passer de la peur à la confiance et avec quelle patience il nous attend et nous permet de cheminer.

Si nous sommes à l'image de cet homme transformé, assis, témoin ? Soyons fortifiés pour annoncer ce que Jésus a fait pour nous.

Si nous sommes dans la foule, anonymes, sur le bord du chemin, en attente ? Approchons nous pour vivre nous aussi la rencontre.

 

Encore un mot sur l'attitude de Jésus : face aux esprits mauvais, il ne flanche pas.

Devant la peur et le rejet des hommes, il s'écarte, préfigurant la croix.

L'evangile est une bonne nouvelle pour celui qui est guéri, transformé, restauré.

Et nous, peuple de l'Evangile, nous sommes appelés àvivre pour nous même cette rencontre, et à nous emerveiller et rendre grace de ce que nous avons vu et vécu nous même.

Soyons les humbles et audacieux témoins que le Seigneur appelle.

Amen.

 

Prédication 28 juin 2015

Dimanche 28 juin 2015 (Exposition Bible et Arts)

Temple de Nantes – Pasteur Caroline SCHRUMPF

 

Psaume 104, 24-31      

Seigneur, qu'elle est vaste, ton activité ! Avec quel art tu as tout fait ! La terre est remplie de ce que tu as créé.

Voici la mer, immense, à perte de vue. Tant d'êtres s'y meuvent, petits et grands, qu'on ne peut les compter.

Des navires la parcourent en tous sens, et aussi le dragon marin, le Léviatan ; tu l'as inventé pour jouer avec lui.

Tous ces êtres dépendent de toi pour recevoir leur nourriture au bon moment.

Si tu la leur donnes, ils la prennent ; si tu ouvres la main, ils ont tout ce qu'il faut.

Mais si tu refuses, les voilà terrifiés ; si tu leur reprends le souffle de vie, ils expirent et redeviennent poussière.

Tu leur rends le souffle et les voilà recréés, tout devient nouveau à la surface du sol.

Que ta gloire, Seigneur, dure toujours ! Réjouis-toi de ce que tu as fait !

 

Exode 35, 30 à 36,1

30Moïse dit aux Israélites : « Voyez, le Seigneur a choisi Bessalel, fils d'Ouri et petit-fils de Hour, de la tribu de Juda, 31et il l'a rempli de son Esprit pour le rendre très habile et intelligent. Bessalel connaît toutes sortes de techniques : 32il sait élaborer des projets, travailler l'or, l'argent et le bronze, 33ciseler les pierres précieuses et les monter, sculpter le bois, en un mot, il peut réaliser n'importe quel objet. 34Le Seigneur lui a aussi accordé, de même qu'à Oholiab, fils d'Ahissamak, de la tribu de Dan, le don d'enseigner ces techniques. 35Il leur a donné le talent d'exécuter tous les travaux du ciseleur de pierres précieuses, de l'artiste, du brodeur de laine violette, rouge ou cramoisie, du brodeur de lin, du tisseur, et de tout autre spécialiste ou artisan inventif. « Bessalel, Oholiab et les autres artisans à qui le Seigneur a accordé l'habileté et l'intelligence nécessaires pour exécuter les travaux, fabriqueront tout ce qui servira au culte dans le sanctuaire, conformément aux ordres du Seigneur. »

 

 

Prédication

 

Vous avez vu, autour de nous, toutes ces œuvres d'art, et vous pourrez encore les admirer toute cette après midi et prendre le temps de la visite. Notre église s'est transformée le temps d'un week-end en un espace d'exposition.

Certains pourraient être un peu étonnés ou perplexes de voir toutes ces oeuvres d'art dans un temple protestant, d'habitude réputé pour l'austérité, la nudité des murs et l'absence de toute représentation en dehors d'une croix, d'une Bible, d'une table... Vous le savez sans doute, nos pères réformateurs au 16e siècle voulaient lutter contre ce qu'ils percevaient comme des excès de l'église catholique et ils avaient très peur que la moindre représentation visuelle risque d'entrainer le peuple de l'église dans l'idolatrie, c-à-d le fait d'adorer les créatures ou les créations au lieu d'adorer le créateur, comme le dit Paul dans sa lettre aux Romains.

Alors les temples protestants sont devenus des espaces où ... circulez y'a rien à voir !

 

Mais nous ici à Nantes, nous nous écartons un peu de cette orientation, puisque nous avons ce grand vitrail abstrait derrière moi qui orne le temple et aussi cette tapisserie de l'Arche de Noé réalisée en patchwork par les familles de l'église pour le cinquantenaire du temple.

 

Mais aujourd'hui, il y a encore beaucoup plus de choses à voir ! À découvrir, et aussi à entendre tout à l'heure...

Comme l'année dernière, à l'initiative de l'Atelier Bible et Peinture et de son animatrice, Cécile Le Chevallier, nous organisons cette exposition Bible et Arts. Quand la Bible et l'art se rencontrent... il se passe des choses étonnantes.

Nous l'avons relu ensemble, les artistes ont une place très particulière dans la Bible et dans le cœur de Dieu. Dans le livre de l'Exode, nous sommes à l'époque de Moïse, juste après le moment où le peuple reçoit les 10 commandemants, les paroles de Vie données par Dieu. Les artistes que Dieu choisit alors ont une mission bien précise : ils sont chargés de confectionner le sanctuaire – un sanctuaire portatif, sous la forme d'une grande tente, puisque le peuple est nomade. Les artistes vont tisser les étoffes pour réaliser la tente et construire l'arche d'alliance et tous les objets nécessaires pour le culte de Dieu : la table des pains d'offrande, le chandelier à 7 branches, l'autel des parfums, les tentures, les rideaux, les vêtements des prêtres : tout ce qui était nécessaire pour que le peuple puisse vivre la rencontre avec Dieu. Tout y est décrit en détail.

Il nous est dit que ces artistes sont choisis par Dieu et inspirés par lui, ils sont remplis de son Esprit qui leur donne la capacité de créer, de réaliser toutes ces choses. Et leur mission est d'être au service de la prière et de la rencontre que le peuple va vivre avec Dieu, au service de la louange et de l'adoration pour le peuple.

 

Aujourd'hui, tout autour de nous, il y a des objets : des tableaux, des photos, des sculptures, des dessins, une installation. Jeudi soir, lors de l'inauguration de l'exposition, chacun des artistes a pu s'exprimer pour présenter son travail, sa vision des choses, sa manière de se laisser inspirer, guider, porter pour créer. Chacun s'est exprimé de manière très personnelle et très spécifique. Mais tous, TOUS, ont dit comment leur expression artistique est une manière de témoigner de leur relation avec Dieu, de leur rencontre avec le Christ, avec la Parole, avec l'Evangile.

Leur point commun, leur point central, c'est leur foi chrétienne, et leur recherche de Dieu.

Et lorsque vous aurez visité l'exposition, vous vous direz comme moi : quelle diversité, quelle richesse, quelle infinie variété de regards, de lectures de la Bible, de techniques. Chacun porte une émotion, une identité propre, une spécificité. Beatrice Mahé avec ses couleurs éclatantes, Jean Luc Bonduau avec ses personnages dansants, ou en prière, Claire Biette avec la tendresse des couleurs chatoyantes et veloutées de ses toiles, Young Jin Kim avec le mouvement des vagues, Ghislaine chaveton avec son souci de la transformation des objets, Marc Lauverjat avec son trait épuré, Sylvie Tschiember et son attachement à la Parole, Jing Li avec son éclatant travail des couleurs et des formes, Anne Charamat avec son cheminement d'abandon à ce qui vient, Sabine Dizel avec ses sténopés évocatrices et poétiques, Samuel Poulet-Goffard avec sa photo en ombre et lumière, Rémi Deroure et sa recherche du visage du Christ taillé dans la pierre, et les participants à l'Atelier Liliane Fournier, Annelies Dijkema, Pierre Chabirand et Anne More, la encore chacun témoignant à sa manière sur une parole biblique. Ce qui les unit tous, c'est l'attachement à cette Parole de Dieu, qui peut être aussi une confrontation, un questionnement, un cheminement mystérieux. Et pourtant chacun dans son approche, dans sa sensibilité, dans sa technique, chacun exprime une émotion, une identité, une conviction propre.

 

Étonnant processus de création, qui nous permet d'être vraiment à l'image et à la ressemblance de Dieu.

Dieu créateur, homme et femme créateurs, artistes. L’art dans ces multiples dimensions est une parole, qui ne passe pas par les mots, mais qui veut rejoindre nos cœurs, nos sens, pour dire l’indicible, pour montrer l’invisible.   

 

Alors, vous vous dites sans doute : tout ça, c'est bien beau, mais moi je ne suis pas un artiste... donc je ne vois pas ce que je peux créer... Le peintre français Bernard Buffet a dit un jour dans un entretien : L’art commence lorsque vous participez à un autre monde.

Vivre en disciple de Jésus Christ, est ce que ce n'est pas justement vivre pleinement dans ce monde tout en étant témoin d'une autre réalité, d'un autre monde, le Royaume déjà en germe, déjà présent. Vivre en même temps notre réalité humaine et recevoir notre identité nouvelle en Christ ?  

 

Nous ne sommes pas tous des artistes, c'est sûr !

Mais je crois que le Seigneur nous appelle tous à être des artisans. Les artisans de nos vies, les artisans de notre témoignage, d'une vie habitée par le souffle de Dieu et qui lui donne gloire, dans toutes ses dimensions.

Chacun de nous est appelé à la suite de Jésus à être témoin de la réconciliation (comme nous le disions dimanche dernier), à être témoin de la grâce donnée à chacun, d'un amour de Dieu qui transforme et qui transfigure, qui nous invites avec nos faiblesses et nos limites à contruire l'oeuvre de notre vie.

Aucun de nous n'est rejeté, ou exclu, chacun est appelé, par la parole du Christ qui nous donne souffle et qui vient marcher, travailler avec nous et en nous. Et qui nous invite à rendre gloire.

 

Pour terminer, une histoire (tirée du parcours Alpha), non plus de peinture ou de sculpture, mais de musique, qui illustre ce chemin d'alliance, de co-création que Dieu veut faire avec nous.

 

Au XIXème siècle, un lord anglais, lors d’un voyage en Europe, était en séjour dans un hôtel. Un soir, une petite fille s'installe au piano dans le hall. C’était une cacophonie : Plink, plonk; plink, plonk. Un homme arrive et s’assoit derrière la petite fille qui continue de taper sur le piano. Il commence à intercaler d’autres notes entre les plink plonk, et subitement cela se transforme en une magnifique mélodie. Cet homme, le père de la petite fille, était un grand compositeur russe, Alexandre Borodine.

Chacun de nous joue souvent maladroitement sa partition. Notre vie, notre œuvre, n'est pas à la hauteur de ce que nous voudrions, de nos ambitions de nos rêves... Mais en nous laissant habiter par l'Esprit de Dieu, en laissant le Seigneur s'assoir à nos cotés, alors notre vie deviendra une œuvre d'art à la gloire de Dieu.

Amen.

 

 

 

Prédication 31 mai 2015

Dimanche 31 mai 2015

Temple de Nantes – Pasteur C. Schrumpf

 

PREDICATION

 

Romains 8, 14-17

14Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 15Car l'Esprit que vous avez reçu n'est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c'est l'Esprit Saint qui fait de vous des enfants adoptifs et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, ô mon Père ! » 16L'Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 17Nous sommes ses enfants, donc nous aurons aussi part aux biens que Dieu a promis à son peuple, nous y aurons part avec le Christ ; car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi avec lui dans sa gloire.

 

Matthieê 28, 16-20

 

Frères et sœurs,

parfois les circonstances de nos vies sont étonnantes et si nous avons des yeux pour voir alors pour pouvons discerner ce que certains appellent des clins Dieu ou des petites délicatesses de Dieu.

En ce jour qui est celui de la Fête des Mères (qui c'est vrai plonge ses racines dans une sombre période de notre histoire) qui est aussi celui du bapteme de Charlotte, voici que la liste des lectures proposées par la Fédération Protestante nous invite à lire ces paroles de Jésus qui parle du baptême et cette interpellation de l'apotre Paul. C'est L'esprit saint qui fait de vous des enfants adoptifs et qui nous permet d'appeler Dieu « Abba »... (=Papa)

et justement hier, j'ai reçu un message d'un couple d'amis qui, après des mois et des mois d'attente (plus de 2 ans), viennent de rentrer chez eux avec un tout petit bébé, Owen, dont ils sont devenus les parents.

 

Ce matin, je voudrais que nous réfléchissions ensemble, que nous nous laissions enseigner ensemble par la parole de Dieu, qui vient nous parler de l'adoption.

Pour plusieurs d'entre nous, c'est une question sensible, parce que nous sommes des enfants adoptés, ou parce que nous avons des enfants adoptés, ou parce que nous aurions voulu construire une famille, et que cela n'a pas été possible... C'est un sujet qui a éte très étudié par les experts et les psy de tout bord, et je crois qu'on a tout écrit sur l'adoption. Combien c'est une démarche merveilleuse, combien c'est une démarche difficile, voire impossible.

 

Pourtant c'est bien ce mot d'adoption qui est utilisé dans la Bible

il y a quelques années, j'ai accompagné des parents dans leur démarche d'adoption, plus précisement, au moment où, après 18 mois d'attente et de patience, ils ont accueillis deux enfants orphelins, un frère et une sœur de 5 et 8 ans. Quand on parle d'adoption, on parle d'orphelin. Être un orphelin, c'est être un enfant coupé des relations les plus importantes, des liens les plus fondamentaux, les plus fondateurs : les liens parentaux. Etre orphelin, c'est être un enfant sans parent, mais cela peut aussi vouloir dire être un enfant, dont les parents ne jouent pas ou ne peuvent pas jouer le rôle de parent.

 

Mais nous savons aussi que dans la naissance d'un enfant, de chaque enfants, il y a un processus d'adoption, même entre un enfant et ses parents « biologiques ». Dès la naissance, on met les nouveaux nés surtout quand ils sont prématurés par ex, directement sur la peau de leurs parents, pour le « peau à peau ». Pour que ce crée au plus vite ce lien, cette relation qui est en fait un processus d'adoption. Et on le sait aussi, parfois, les jeunes mamans en particulier, ont du mal à entrer dans leur nouveau rôle de maman, à créer ce lien – on croit qu'il est naturel, inné, et pourtant, parfois, il faut bien du temps pour que se tisse cette relation, pour que ce réalise cette « adoption ».

 

Paul écrit : Avant la création du monde, Dieu nous avait déjà choisis pour être siens par le Christ (...) il nous a destinés d'avance, par Jésus-Christ, à l'adoption filiale, pour lui, selon sa volonté bienveillante. (Eph 1.4-5)

Lorsque des parents s'engagent dans une démarche pour adopter un enfant, c'est un long processus qui mobilise toute leur volonté, toute leur énergie vers ce but. L'enfant, lui n'en sait rien encore. Il vit ailleurs, souvent dans un dénuement matériel et affectif, mais aussi dans l'ignorance de ce qui se prépare. Parents, enfants, des étrangers les uns pour les autres.

Dieu aurait pu se suffire à lui-même, mais il nous a choisi pour devenir ses enfants. Et nous n'en savions rien. Tout au long de l'histoire d'Israël, avec patience, Dieu n'a pas cessé de mettre en œuvre ce projet de relation, d'adoption. Avec une infinie patience, il s'est approché de son peuple, redisant le même message avec constance : Autrefois, vous n'étiez pas mon peuple, mais maintenant vous etes mon peuple. Vous serez mon peuple et je serai votre Dieu (Jérémie 31)

Tout au long de notre histoire personnelle, avec patience, Dieu n'a pas non plus cessé de s'approcher de nous, même lorsque nous l'ignorions, même lorsque nous vivions sans lui, sans faire attention à lui, sans le connaître.

 

Avant que nous puissions le connaître, il nous connaissait. Avant que nous puissions répondre à sa parole d'amour, il nous aimait déjà. Avant que nous sachions qu'il est notre Père, il avait déjà le désir que nous soyons ses enfants. C'est aussi le sens du baptême que Charlotte a reçu. Avant même qu'elle le comprenne, elle est aimée de Dieu, d'un amour indestructible.

Lorsque la rencontre a lieu entre les parents et les enfants adoptés, il y a d'abord la surprise, l'observation, la crainte, puis l'aprivoisement, et l'attachement. Je me souviens de ces parents racontant comment les enfants ne voulaient plus les quitter, les lacher même un instant.

Rencontrer Dieu, découvrir que nous sommes ses enfants depuis toujours, que son cœur est tourné vers nous,  c'est comme un choc. Quand on rencontre l'amour, quand on se découvre tout à coup aimé sans limite, aimé tel qu'on est, on s'attache, on se plonge dans cet amour comme on saisit une bouée de sauvetage.

 

Cet attachement à Dieu ce n'est rien d'autre que la confiance qui se donne en réponse à cet amour de notre Père pour nous. Dieu nous adopte, et nous aussi en retour, nous avons à choisir de l'adopter, de lui faire confiance, de l'aimer sans peur, de l'aimer un peu étonnés de cet amour inattendu, de cette attention qu'il nous porte, de sa prévenance, de sa Parole, de cette intimité toute neuve. 

 

Après l'étonnement de la rencontre, après la découverte de cet amour qui nous bouleverse, vient aussi le temps des doutes, des remises en question, de la mise à l'épreuve.

Tu dis que tu m'aimes, mais est ce que c'est vrai ? Est-ce que tu m'aimes vraiment ?
Est-ce que tu m'aimes vraiment pour moi, pour ce que je suis, et pas ce que tu attends de moi ?
Est-ce que tu m'aimes vraiment, même si je m'éloigne de toi ou si je ne fais pas ce que tu veux ?
Est-ce que tu m'aimes vraiment, même si je te déçois ? même si je ne te comprends pas ?

L'amour dont Dieu nous aime est un amour total et parfait. Mais ce sont nos blessures du cœur, nos limites, nos mauvaises habitudes d'avant (nos péchés) qui nous font douter... alors La confiance doit se construire jour après jour, au gré des épreuves, des complexités, des retours en arrière. Apprendre à faire confiance en Dieu, en son amour de Père, en sa bienveillance et son pardon plus forts que tout, que notre passé, que nos culpabilités, que nos régressions. Marcher dans cette confiance, ce n'est pas naturel, ce n'est pas simple ni facile, c'est l'apprentissage de la liberté des enfants de Dieu. C'est l'oeuvre de l'Esprit en nous, qui nous permet d'appeler Dieu non seulement Père, mais aussi Papa. Abba.

L'engagement de Dieu notre Père est indéfectible, il nous adopté, il nous a appelés ses enfants, et nous le sommes à jamais. Il nous appartient de lui donner la place de Père en nous, pour nous, de vivre dans une relation filiale qui nous invite à la liberté. son amour ne nous écrase pas, il respecte notre personnalité, nos désirs profonds. Mais c'est aussi un amour qui nous aide à grandir et à devenir pleinement nous même.

Notre réalité devant Dieu, c'est qu'il y a en chacun de nous un enfant abandonné, un enfant qui même s'il a des parents humains, est en recherche de son Père céleste. Un enfant qui aspire, sans le savoir, à entrer dans cette relation fondamentale, essentielle pour vivre vraiment.

La bonne nouvelle c'est que nous avons un Père qui nous cherche et nous attend, qui nous dit : tu es mon enfant.

Ce matin, si tu es dans le doute, viens

si tu es dans la joie, viens

si tu es dans l'attente, viens Amen.

 

prédication 21 juin 2015

2 Corinthiens 5, 14-21

14Car l'amour du Christ nous presse, nous qui avons discerné ceci : un seul est mort pour tous, donc tous sont morts ; 15et s'il est mort pour tous, c'est afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et s'est réveillé pour eux. 16Ainsi, nous, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. 17Si quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle. Ce qui est ancien est passé : il y a là du nouveau. 18Et tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation. 19Car Dieu était dans le Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux humains de leurs fautes, et mettant en nous la parole de la réconciliation. 20Nous sommes donc ambassadeurs pour le Christ ; c'est Dieu qui encourage par notre entremise ; au nom du Christ, nous supplions : Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! 21Celui qui n'a pas connu le péché, il l'a fait pour nous péché, afin qu'en lui nous devenions justice de Dieu.

 

Cette semaine, deux évenements ont retenu mon attention et ce matin, je voudrais vous inviter à entrer dans cette méditation de manière inhabituelle, en vous racontant deux histoires...

 

D'abord, je veux vous parler d'Elisabeth Eliott. Elisabeth est partie au ciel ce lundi, elle avait 89 ans. Elisabeth est née en 1926 dans une famille chrétienne passionnée par la mission. Elle nait en Belgique, puis sa famille rentre aux USA et c'est la qu'elle fait ses études, notamment d grec classique, pour pouvoir ensuite travailler à l'écriture pour des langues orales et à la traduction de la Bible dans ses langues. Durant ses études elle rencontre le beau Jim Eliott, qui est tout feu tout flamme, et a la conviction profonde que Dieu l'appelle à devenir missionnaire pour apporter l'amour de Dieu à des peuples qui ne le connaissent pas. Ceux vers qui il sent que Dieu l'appelle, ce sont ces tribus reculées, qui vivent dans la jungle d'Amérique Centrale ou du Sud, qui n'ont jamais entendu l'Evangile, ceux que l'on appelle alors les peuples « non-atteints ». Jim disait souvent « Là où tu te trouve, sois pleinement présent. Et vis à fond chaque situation qui te semble être la volonté de Dieu ». Jim et Elisabeth sont tous les deux envoyés en Equateur, parmi les indiens Quechua... (avant d'etre une marque de vêtements de sport... c'est le nom d'un grand peuple indien qui vit en Equateur, Perou, Bolivie et Colombie). Jim et Elisabeth se marient à Quito en 1953, et ensemble, jeunes mariés, ils s'installent dans la jungle sur le territoire de la tribu indienne.

(Nous connaissons tous un peu de quechua :  alpaga, condor, coca, guano, lama, pampa, puma, quinoa,)

Rapidement, ils entendent parler d'une autre tribu, les Huaorani, appelés aussi les Aucas (= Les sauvages en quechua), qui vivent au confin de l'Equateur et du Perou, en pleine jungle, qui sont réputés cruels et dangereux. Ils n'ont pas de contact avec des « blancs ». Jim se sent interpellé par leur situation et leur isolement, et après plusieurs mois de recherche et d'études des cartes, avec 4 autres missionnaires ils partent vers le territoire des Huaorani. Après plusieurs prises de contacts plutot amicales, ils montent leur camp sur la berge de la rivière Cururay. C'est la qu'une dizaine de guerriers vient à leur rencontre et les tue. Leurs corps transpercés de coups de lance seront retrouvés plus bas dans la rivière.

Deux ans plus tard en 1958, après des contacts solides, Elisabeth retournera vivre au milieu des Huaorani avec sa fille Valérie agée de 3 ans, et une autre jeune femme missionnaire, Rachel, dont le frère avait été assassiné avec Jim Eliott. Elles resteront 5 ans au milieu d'eux, apprenant leur langue, vivant et partageant l'Evangile avec ceux la même qui avaient pris la vie de leur mari, père et frère.

 

La 2e histoire vous sera plus familière... Ce matin, je veux aussi nommer devant vous pasteur et sénateur Clementa Pinckney, Cynthia Hurd, Tywanza Sanders,Sharonda Singleton, pasteur Daniel Simmons, DePayne Middleton-Doctor, Susan Jackson, Ethel Lance, Myra Thompson. Vous reconnaissez ces noms : ils sont ceux des 9 personnes assassinées par le jeune Dyllan cette semaine à Charleston en Caroline du Sud.

Dans une conférence vidéo avec le jeune homme qui a tué ces 9 personnes de l'Eglise Emmanuel de Charleston, voici les paroles qui ont été prononcées par des membres de leurs familles : « Nous te pardonnons. Tu nous as pris une personne précieuse, je ne la reverrai plus, je ne lui parlerai plus... Nous te pardonnons, ma famille te pardonne. Mais nous voulons te dire : Repens toi, confesse ta faute. Saisis cette occasion pour te repentir et donne ta vie à Celui qui peut tout : Jésus Christ...Nous t'avons accueilli dans notre étude biblique, nous te l'avons dit : nous avons apprécié ta présence. Je te pardonne, même si Je souffre dans toutes les fibres de mon corps, je te pardonne. Tu m'as fait du mal, tu as fait du mal à beaucoup de gens, mais Dieu te pardonne et je te pardonne. Nous n'avons pas de place pour la haine. »

 

Si j'ai voulu commencer ce matin en racontant ces deux histoires de vie, c'est parce que l'Evangile, la bonne nouvelle de la réconciliation, la vie nouvelle dont Paul parle aux turbulents membres de l'église de Corinthe, ce n'est pas du théorique, ce n'est pas d'abord de l'intellectuel, même si la plupart de ces personnes savaient réfléchir – c'est de la vraie vie. Bien sur, nos vies ne sont pas sans doute pas aussi dramatiques, en tout cas pour la plupart d'entre nous.

Mais tous nous sommes invités à nous mettre à l'écoute de cette parole qui fait que des hommes, des femmes, comme ceux que nous avons évoqués, durement éprouvés, vont trouver la force du pardon, de la réconciliation et se remettre en marche.

 

Tout vient de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ, et qui nous a donné le ministère de la réconciliation...

 

S’il y a réconciliation entre Dieu et l’homme, c’est que l’un a été ennemi de l’autre. Est-ce Dieu qui était l’ennemi de l’homme ? ou bien l’homme l’ennemi de Dieu ? Dieu a toujours voulu le bien pour l'homme. L'homme a souvent douté de la bonté de Dieu, il a écouté la petite voix qui disait « Dieu a t il vraiment dit ? »...

Certains répondront : “Mais je ne suis pas l’ennemi de Dieu. Je ne m’occupe pas de lui, lui non plus ne s’occupe pas de moi, et c’est très bien ainsi”. Mais l'indifférence, ou l'ignorance devant un Dieu qui cherche la compagnie des hommes, n'est ce pas une forme de rejet ? Et reconnaissons le, cette indifférence, cette ignorance, ou ce doute à l'égard de la bonté ou de la présence de Dieu, n'est il pas d'abord, au moins à certains moments, la dans notre cœur, au plus secret de nous ?

 

La réconciliation, c'est chacun de nous qui en a besoin. C'est même notre besoin de plus important. Nous pardonner à nous même, Michael Lonsdale le comédien, disait que c'était le pardon le plus difficile. C'est en fait un pardon impossible, comme toutes les formes de pardon. Le pardon n'est pas dans nos capacités.

Nous pouvons essayer d'oublier, d'éffacer, mais pardonner, laisser l'autre délié du mal commis et du mal subi, cela est possible seulement en Christ. Pourquoi ?

Paul nous en donne la clé : Dieu était dans le Christ, réconciliant le monde avec lui-même, sans tenir compte aux humains de leurs fautes.

Je peux commencer à pardonner, je peux apprendre à pardonner quand Dieu vient vivre en moi pour m'apprendre le pardon. Quand je reçois pour moi même ce pardon de Dieu. Me sachant pardonnée, alors je peux apprendre à pardonner. 16Ainsi, nous, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; Alors je ne regarde plus l'autre seulement selon la chair, selon des critères humains et charnels mais avec un regard spirituel, un regard nouveau, transformé. 17Si quelqu'un est dans le Christ, c'est une création nouvelle. Ce qui est ancien est passé : il y a là du nouveau.

 

Ce qui me frappe dans les 2 histoires, c'est que la puissance de la bonne nouvelle de la réconciliation avec Dieu est devenue effectivement une bonne nouvelle de réconciliation avec les hommes.

Qu'est ce qui peut pousser une femme dont le mari a été tué par une tribu d'indiens d'amazonie considérés comme dangeureux à retourner vivre au milieu d'eux avec sa fille de 3 ans ? Qu'est ce qui peut pousser des parents, des frères et sœurs, des enfants à pardonner au jeune homme qui vient d'assassiner une personne chère ?

Qu'est ce qui peut pousser des gens à agir de cette manière ? Si ce n'est la certitude de savoir qu'eux aussi ont tué un innocent (Jésus) et que dans cet acte même ils sont au bénéfice du pardon du Père, Dieu Père, de la victime ?

 

Ce matin Lili a été baptisée... bien sur tout cela pour le moment lui passe un peu au dessus. Mais ne vous trompez pas, et ne l'oubliez pas, elle a été baptisée et nous tous qui avons été baptisés, nous l'avons été dans la mort de Jésus, pour trouver la vie et la réconciliation en LUI. Et si vous n'avez pas été baptisés, Dieu vous appelle à recevoir cette bonne nouvelle de son amour transformateur, réconciliateur.

 

Une dernière chose : Désormais, réconciliés, nous devenons ambassadeurs de la réconciliation. Là où nous sommes. Là ou nous vivons,  « Là où tu te trouve, sois pleinement présent. Et vis à fond chaque situation qui te semble être la volonté de Dieu » comme le disait Jim Eliott.

Vis à fond ce service, cette mission d'ambassadeur de la réconciliation. Amen.

 

 

 

 

 

Prédication du dimanche 11 janvier 2015 (pasteur Caroline Schrumpf)

Frères et sœurs, Quelles sont les bonnes nouvelles que nous avons entendues cette semaine ? Nous avons surtout entendu des mauvaises nouvelles ! Et même des nouvelles terrifiantes et inquiétantes. Même si nous n’habitons pas à Paris, même si nous ne sommes pas juifs ou journalistes ou policiers ou employés à Charlie Hebdo... Nous venons de vivre une semaine très étrange, remplie d’émotions, de choc, de stupeur devant des actes difficiles à comprendre, et impossibles à supporter. Ce matin, notre première responsabilité en tant que chrétiens, en tant que disciples de Celui qui n’a pas levé la main pour répondre à la violence, c’est de redire notre attachement à la paix, à l’accueil de l’autre, à l’amour, même l’amour de nos ennemis. « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » dit Jésus. Mais cet amour n’empêche pas l’indignation, ni le chagrin pour les victimes, ni la dénonciation d’actes odieux pour ce qu’ils sont : une atteinte à la liberté, une atteinte à notre société, une atteinte à l’humanité. Nos cœurs sont remplis de mauvaises nouvelles, de questions et de chaos... comment faire place à la Bonne nouvelle que Jésus nous annonce ? Comment faire place sans minimiser le mal et le malheur bien réels ? Comment faire place sans cloisonner d’un coté notre vie dans le monde et de l’autre notre foi ?

Justement, n’avons-nous pas un immense besoin d’entendre cette Parole ? cette Bonne Nouvelle ? et cette parole vient à nous non pas seulement comme une parole, mais comme une personne… Regardons ensemble comment Marc nous en parle ce matin. Ce qui est étonnant avec l’évangile de Marc c’est qu’il commence le récit de la vie de Jésus sans rien de ce que nous pourrions attendre : pas de généalogie, pas de naissance dans la crèche, pas de rois mages, ni bergers, ni anges dans nos campagnes… Au début de l’évangile de Marc, il y a autre chose : une proclamation forte, une parole de foi. Une voix. La Bonne nouvelle de Jésus Christ, Fils de Dieu, commence ici ! Ce qui est encore plus étonnant c’est que ce « commencement de la Bonne nouvelle de Jésus », Marc le présente à travers des paroles tirées du livre d’Esaïe, écrit près de 500 ans avant la naissance de Jésus. La venue de Jésus Christ (= Messie, Sauveur choisi par Dieu) se prépare depuis bien longtemps. Et pourtant, quand Jean commence à précher, il y a plus de 400 ans que le peuple attend, que la voix des prophètes s’est tue, et que Dieu semble silencieux. Puis Dieu appelle Jean le Baptiste : une parole surgit qui vient annoncer et préparer l’action de Dieu. Ce qui fait fil rouge en ce début de l’évangile de Marc, c’est la force de la parole : la parole d’Esaïe qui annonce, la parole de Jean le Baptiste qui interpelle et invite à un changement du cœur, à la conversion, la parole de Dieu qui désigne Jésus au moment de son baptême.


Au coté de ces paroles fortes, il y a des actes – la parole a une force qui appelle une réponse, qui s’incarne dans la vie, qui bouscule, qui suscite une réaction. Comme un effet de dominos qui se déclenche. La voix d’Esaie a suscité la vocation de Jean Baptiste qui se lève pour accomplir ce qui était annoncé. La voix de Jean Baptiste qui interpelle la foule et la foule qui répond en venant demander le baptême pour manifester son désir de recevoir le pardon de Dieu, pour exprimer son désir de revenir vers Dieu. La parole du Baptiste suscite la démarche de la foule, anonyme. La voix de Jean Baptiste qui annonce la venue d’un autre... et Jésus vient, comme une réponse silencieuse à l’annonce du Baptiste. Enfin la voix du ciel qui désigne Jésus comme Fils de Dieu, au moment de son baptême dans le Jourdain. La parole de Dieu est une parole vivante, elle accomplit ce qu’elle annonce. Si nous l’écoutons, elle va agir en nous et à travers nous. Si nous l’accueillons elle va nous transformer, et nous rendre capable d’accomplir ce que Dieu veut et attend de nous. La parole a une grande force. Elle peut donner la vie, elle peut aussi apporter la mort. La Parole que Dieu nous adresse ce matin est une parole de vie, une bonne nouvelle, un évangile. Une parole qui libère et envoie, une parole qui transforme les cœurs de pierre en cœur de chair, une parole qui accueille et qui bénit. Une parole de Vie. Mettons nous ensemble à l’écoute de cette parole. Soyons témoins de cette parole. De Celui qui est la parole. Amen.