2014

Prédication 19 janvier 2014

PREDICATION

Dimanche 19 janvier 2014 – ST François d'Assise

Pasteur Caroline SCHRUMPF

 

Es 49, 1-6 / I Co 1, 1-3 / Jn 1, 29-41

 

Chers amis, frères et sœurs,

Ce matin, je veux d’abord vous dire ma reconnaissance pour cet échange qui nous permet de nous rencontrer, et surtout de prier ensemble catholiques et protestants, de nous mettre ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu. Ensemble ce matin, nous manifestons notre désir d’être unis en Christ, et par Christ lui-même, même si vous le savez notre unité n’est pas encore complète ! Nous partageons la Parole et le pain et le vin du repas du Seigneur, dans l'attente de notre pleine communion.

                   

Nous vous remercions de nous accueillir ce matin et vous disons par avance notre joie de vous accueillir dimanche prochain au culte, avec votre curé Bruno Delaunay.

 

Ce matin, l'évangile de Jean nous fait vivre le passage de relais entre Jean baptiste, et Jésus, entre le messager et le Message, entre le temps de préparation et le temps de l'accomplissement. Passage de relais, passage d'un baptême d'eau au baptême dans l'Esprit, passage des disciples qui vont laisser Jean pour suivre Jésus.

  

Passage de relais, ou un peu comme dans certaines publicités « Avant / après »…

Avant Jean baptisait dans le Jourdain : il plonge dans l’eau du pardon des gens couverts de poussière, des gens couverts de douleur ou de pourquoi, des gens couverts de péché. Il les lave dans l’eau d’une rivière, en préparation à Celui qui va venir

Après, Jean témoigne de ce qu’il a vu : l’Esprit de Dieu descendre et demeurer sur Jésus, et qui baptisera dans l'Esprit saint.

 

Avant : J-baptiste avait quelques disciples qui le suivaient.

Après : les disciples en écoutant les paroles de J-baptiste, se mettent à suivre Jésus.  

 

Ce matin, je voudrais relever avec vous quelques éléments qui nous disent une Bonne nouvelle pour nous, aujourd'hui au 21e siècle à Nantes !

 

Première étape : C’est Jésus qui vient vers Jean baptiste pour être baptisé. Lorsque nous cherchons Dieu, il nous rappeler que Dieu d’abord nous cherche et s’approche. A travers ce baptême que Jésus vient recevoir des mains de Jean Baptiste, Dieu nous dit qu’il descend vers nous, qu’il descend dans notre humanité, qu’il s’immerge dans les profondeurs afin de porter le péché du monde. Il est difficile pour nous d’accueillir un Dieu qui s’abaisse devant l’homme, qui se fait serviteur. Souvent, nous ne voulons pas de ce Dieu la… un Dieu qui déjoue nos images religieuses… Nous préférons un Dieu solide, costaud, superman !

 

Justement, une autre chose qui m’a attirée mon attention c’est la parole du Baptiste « je ne le connaissais pas »… il le dit à 2 reprises ! En même temps qu’il annonce qui est Jésus, il dit son incapacité à le connaître… comme si Jésus était au delà de ce que nous pouvons connaître. Comme si Dieu échappait toujours à l’emprise de notre intelligence, de notre expérience personnelle, de nos confessions de foi, de nos doctrines, de nos églises… Bien sur Dieu se révèle et se fait connaître à nous, c’est tout le sens de la venue de Jésus au milieu des humains, et c’est tout le sens de notre foi. Et pourtant, nous devons aussi le reconnaître, toujours il nous échappe. Parce qu’il est Dieu, et bcp plus grand que nos systèmes, nos identités ou nos théologies.

Il est bon de nous le rappeler en cette semaine de prière pour l’unité.

 

Dieu plus loin, plus grand, que tout ce que je peux imaginer, et en même temps tout proche, plus intime encore que mon propre cœur…  Dieu qui m'invite, qui nous invite à venir à sa rencontre.

 

Un dernier mot : Jean-baptiste témoigne de Jésus en disant que Jésus sera celui qui baptise d’Esprit Saint, ou dans l’Esprit saint. J'aurai voulu vous demander de tenter une expérience ce matin. Une expérience durant laquelle nous retenons notre respiration le plus longtemps possible… mais nous n'allons pas le faire, car la dernière fois que je l'ai proposée (lors de la veillée de prière pour les parcours Alpha en septembre), une personne s'est évanouie ! Alors imaginons...

 

Nous ne pensons pas à respirer, nous le faisons par réflexe, sans en avoir conscience. Depuis que j'ai commencé cette phrase, nous l'avons déjà fait plusieurs fois...

Pourtant, nous ne pouvons pas vivre sans souffle, sans respirer.

Etre baptisé dans l’Esprit, c’est être plongé dans le souffle de Dieu, recevoir ce souffle de Dieu qui donne souffle à nos vies. Sans son souffle, nos vies se ratatinent, se rabougrissent… nous ne pouvons pas vivre.

 

Puissions-nous ce matin, nous plonger dans ce souffle de vie, le recevoir, le laisser entrer en nous, le laisser nous habiter, nous soulever, nous transformer, nous redonner souffle, pour affronter nos vies, et le monde tourmenté dans lequel nous vivons. Nous n’y arriverons pas sans ce souffle.

 

Frères et sœurs, laissons nous approcher par Dieu en Jésus-Christ, Dieu tout proche de nous, et pourtant qui nous échappe, Dieu qui donne souffle à nos vies.

Amen.

 

Prédication 25 mai 2014

 

25En ce temps-là, Jésus s'écria : « O Père, Seigneur du ciel et de la terre, je te remercie d'avoir révélé aux petits ce que tu as caché aux sages et aux gens instruits. 26Oui, Père, tu as bien voulu qu'il en soit ainsi. 27« Mon Père m'a remis toutes choses. Personne ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et personne ne connaît le Père si ce n'est le Fils et ceux à qui le Fils veut le révéler. 28« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. 29Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes. 30Le joug que je vous invite à prendre est facile à porter et le fardeau que je vous propose est léger. »

 

Frères et sœurs,

Il y qq instants, Achille a été baptisé.

Quelques gouttes d'eau, un geste qui peut sembler banal, parce qu'il est tout simple et parce qu'il a été vécu par tant et tant de personnes depuis 2000 ans. Geste qui n'est pourtant pas banal, tant sa signification est immense, intense. Aujourd'hui, par son baptême, ce qui est caché aux sages et aux intelligents va être révélé à Achille : Dieu l'aime d’un amour immense, et indestructible.

 

Et même si Jésus ne parle pas spécialement des enfants dans cette parole, nous pouvons la comprendre comme cela. Mais aussi d’une manière plus large.

Jésus met en opposition les petits d’un coté, et de l’autre les sages et les gens instruits.

Qui a envie d'être du coté des petits au lieu d'etre considéré comme une personne sage, intelligente, avisée ?

Pas grand monde... pourtant, dans ces paroles, Jésus vient nous dire une réalité essentielle de la foi, il nous montre le chemin qu'il trace pour nous, le chemin que trace aussi le bapteme.

 

Jésus ne caressait pas les gens dans le sens du poil… en fait cela n’était pas tellement sa question ou sa vision des choses. En relisant ces paroles de Jésus, j’y entend une certaine provocation, comme pour nous dire : et vous de quel coté vous placez vous ? etes vous du coté des petits ou du coté des sages et des intelligents ?

 

Une parenthèse : Jésus n’a rien contre la sagesse ou l’intelligence… et cette parole n’est pas la pour discréditer la réflexion, l’éducation ou l’instruction. Non, mais il me semble qu'on peut comprendre cette parole en la reliant à ce qui suit.  « Venez à moi vous tous qui etes fatigués de porter un lourd fardeau… »

quel est ce lourd fardeau dont Jésus parle ? Bien sur cela peut être la fatigue, surtout en ces temps de fin d'année, où nous aspirons aux vacances... bien sur cela peut être aussi les soucis, les épreuves que nous traversons et qui nous pèsent, qui nous font chanceller.

Mais pour ce matin, je voudrais vous inviter à voir ce lourd fardeau comme nous même. Comme si nous devions nous porter nous même, ou porter nos frères, leurs misères, leurs épreuves. Et la encore, comprenez moi bien, je ne veux pas dire que nous devons laisser tomber ceux qui sont autour de nous et les laisser se débrouiller seuls.

Mais il me semble qu'il y a une manière de vivre notre vie, ou d'aider l'autre qui est comme une manière de se charger de tout le fardeau.

Le plus lourd fardeau, dit Jésus, c’est de croire que vous etes tout seul pour porter, pour diriger votre vie, pour vous dépatouiller, pour vous diriger. 

Le plus lourd fardeau, c’est de croire que nous sommes seul à le porter, quelqu’il soit, que ce soit pour nous même, ou pour soutenir les autres autour de nous qui ont besoin d'aide.

Le plus lourd fardeau c’est de croire que par notre sagesse, notre intelligence, nos efforts, nous devons parvenir à mener notre barque… 

 

Venez à moi, dit Jésus. C'est trop lourd pour vous. 

C’est cela finalement le sens du baptême, le sens de ce geste simple…

 

Ce qui est révélé aux petits c’est que sous le joug de nos vies, Jésus vient se placer.

Et il fait même plus : Il remplace tous les jougs qui pèsent sur nous par un autre, le sien, cad par sa manière à lui de nous accompagner.

Puisqu’un joug c’est cette piece de bois qui permet à deux betes de somme d’avancer ensemble, au même pas, dans la même direction.

 

Prions ensemble…

Prédication 22 juin 2014

MEDITATION

JEAN 14 1  6 Jésus dit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne peut aller au Père autrement que par moi. 7 Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, vous l'avez vu. » 8 Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et nous serons satisfaits. » 9 Jésus lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père. Pourquoi donc dis-tu : «Montre-nous le Père» ?

Que signifie le bapteme que ces 3 enfants viennent de recevoir ?

Quel est le sens d'un geste qui leur sera raconté, mais qui restera en tout cas pour les plus jeunes, enfoui en eux sans qu'ils puissent s'en souvenir ?

Dans l'église de ma jeunesse à Paris, il y avait sur le mur un verset de la Bible qui est resté gravé dans mon esprit : Approchez vous de Dieu, il s'approchera de vous. (Jacques 4,8)

Le bapteme c'est une manière de vous approcher de Dieu avec vos enfants, et de faire en sorte que vos enfants aussi s'approchent de Dieu.

 

Comment pouvons nous connaître Dieu ?

Dieu est radicalement autre. Il est au dela de toute connaissance, et il choisit de se faire connaître aux hommes.

En fait on pourrait aussi retourner la phrase de la lettre de Jacques : Dieu s'approche de vous, approchez vous de lui.

Comment pouvons nous connaître Dieu ?

Comment expliquer à vos enfants qui est ce Dieu qui peut donner sens à leur bapteme, à leur vie ?

Comment comprendre pour nous même ?

 

La Bible nous répond : en regardant Jésus. Là ou il est, Dieu est. Quand il parle, c'est Dieu qui parle.

Qd il est présent, Dieu est présent et cette présence est porteuse de vie, de grace, de libération.

 

Les disciples de Jésus ont posé des questions, ils avaient du mal à comprendre... un jour ils disent à Jésus :

Montre nous Dieu une bonne fois pour toute, et cela nous suffira.

Jésus répond non pas par un long exposé théologique, mais par une explication concrète. 

Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, vous l'avez vu.

Qu'ont ils vu ?

Jésus est venu vivre au milieu de nous, au milieu de l’humanité, pour nous révéler Dieu, pour nous montrer le cœur de Dieu. Le cœur de Dieu bat pour l’homme, pour moi. C’est ce qui nous est raconté dans cet autre épisode de l’évangile.

MARC 5 21 Jésus revint en barque de l'autre côté du lac. Une grande foule s'assembla autour de lui alors qu'il se tenait au bord de l'eau. 22 Un chef de la synagogue locale, nommé Jaïrus, arriva. Il vit Jésus, se jeta à ses pieds 23 et le supplia avec insistance : « Ma petite fille est mourante, dit-il. Je t'en prie, viens et pose les mains sur elle afin qu'elle soit sauvée et qu'elle vive ! » 24 Jésus partit avec lui. Une grande foule l'accompagnait et le pressait de tous côtés. 
25 Il y avait là une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans. 26 Elle avait été chez de nombreux médecins, dont le traitement l'avait fait beaucoup souffrir. Elle y avait dépensé tout son argent, mais cela n'avait servi à rien ; au contraire, elle allait plus mal. 27 Elle avait entendu parler de Jésus. Elle vint alors dans la foule, derrière lui, et toucha son vêtement. 28 Car elle se disait : « Si je touche au moins ses vêtements, je serai guérie. » 29 Sa perte de sang s'arrêta aussitôt et elle se sentit guérie de son mal. 30 Au même moment, Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna au milieu de la foule et demanda : « Qui a touché mes vêtements ? » 31 Ses disciples lui répondirent : « Tu vois que la foule te presse de tous côtés, et tu demandes encore : «Qui m'a touché ?» » 32 Mais Jésus regardait autour de lui pour voir qui avait fait cela. 33 La femme tremblait de peur parce qu'elle savait ce qui lui était arrivé ; elle vint alors se jeter à ses pieds et lui avoua toute la vérité. 34 Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t'a guérie. Va en paix, délivrée de ton mal. »
35 Tandis que Jésus parlait ainsi, des messagers vinrent de la maison du chef de la synagogue et lui dirent : « Ta fille est morte. Pourquoi déranger encore le Maître ? » 36 Mais Jésus ne prêta aucune attention à leurs paroles et dit à Jaïrus : « N'aie pas peur, crois seulement. » 37 Il ne permit alors à personne de l'accompagner, si ce n'est à Pierre, à Jacques et à son frère Jean. 38 Ils arrivèrent chez le chef de la synagogue, où Jésus vit des gens très agités, qui pleuraient et se lamentaient à grands cris. 39 Il entra dans la maison et leur dit : « Pourquoi toute cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte, elle dort. » 40 Mais ils se moquèrent de lui. Alors il les fit tous sortir, garda avec lui le père, la mère et les trois disciples, et entra dans la chambre de l'enfant. 41 Il la prit par la main et lui dit : «  Talitha koum  ! » — ce qui signifie « Fillette, debout, je te le dis ! » —  42 La fillette se leva aussitôt et se mit à marcher — elle avait douze ans —. Aussitôt, tous furent frappés d'un très grand étonnement. 43 Mais Jésus leur recommanda fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit : « Donnez-lui à manger. »

Cette double rencontre… un homme, dont nous savons qu’il est un chef religieux respecté et un père désespéré pour son enfant, ce qu’il a de plus précieux – et une femme sans prénom, anonyme dans la foule, atteinte dans son corps, et dans sa féminité, malade depuis des années. Deux souffrances différentes, l’une est visible, elle ose s’exprimer par des paroles, par une plainte. L’autre est secrète, honteuse, elle n’ose se dire que par un geste silencieux, caché.

 

Deux êtres, trois en fait avec la petite fille, menacés par la mort, confrontés à une vie qui se dérobe et qui se perd. Des êtres à la limite de la vie et qui se reconnaissent impuissants.

 

Jaïrus et la femme malade depuis 12 ans vont chacun à leur manière tendre la main vers Jésus. Chacun va s'approcher. Chacun d’eux va se mettre en route sur le chemin qu’est Jésus, chacun va venir à la vérité auprès de Jésus, vérité de de douleur et de désespoir, chacun d’eux va désirer et expérimenter la vie. Chacun d’eux va faire un pas à sa mesure, à sa portée. L’un au devant de tous, l’autre en cachette.

 

Jésus se rend disponible à l'un et à l'autre, il entend, et se rend proche de ceux qui se tournent vers lui.

Voila ce que nous découvrons ce matin : il n’y a pas de parole humaine adressée à Dieu qui tombe dans le vide. Chacun est écouté, chacun est invité à dire son attente, chacun est invité à devenir quelqu’un en face de Jésus. Et dans ce face à face, la vérité de notre être surgit, comme le papier photo plongé dans le liquide révélateur. 

 

Jairus : Pas seulement un chef religieux, un notable, mais aussi un père en souffrance, un père qui ne parvient pas à laisser sa petite fille grandir. Il l'appelle sa petite fille, presque une enfant, Jésus la nomme « jeune fille » et on nous précise qu'elle a 12 ans, l'age nubile. Elle n'est plus une enfant, mais une jeune fille. Elle est mise en route dans sa vie propre, dans sa vie de femme. Et le père reprend sa place de père et non pas de tyran qui emprisonne son propre enfant pour qu'elle reste indéfiniement sienne.

 

La femme : Pas seulement une femme anonyme et impure parce que ce sang qui s’écoule d’elle c’est la vie qui s’échappe, pas seulement une maladie, un cas, mais une femme malade et pourtant remplie d’une folle espérance.  Elle a compris que Jésus est Sauveur, le Messie. Elle va toucher les franges du chale de prière (tallit) de Jésus, signe qu'elle a compris qu'il est le messie. Elle connait la prophétie de Malachie 3,20 selon laquelle le soleil de justice se lèvera portant la guérison sous ses ailes... le mot aile, veut dire aussi les bordures du chale. 

 

Ils se sont approchés de Jésus, chacun à leur mesure, selon leur capacité.

Dans cette rencontre, ils ont découvert la vérité.

Jésus les retourne vers la vie, il leur fait faire demi tour, et les voila repartis dans une toute autre direction.

Non plus vers la mort, mais vers la vie.

Et nous ? Vers quel chemin de vie sommes nous invités à nous tourner ?

Approchons nous de Dieu, il s'approchera, il se rendra proche de nous.  Amen. 

 

 

 

 

Prédication 29 juin 2014

PREDICATION

Jean 14, 15-21

15« Si vous m'aimez, vous obéirez à mes commandements. 16Je demanderai au Père de vous donner un autre avocat pour vous venir en aide, afin qu'il soit toujours avec vous : 17c'est l'Esprit de vérité. Le monde ne peut pas le recevoir, parce qu'il ne peut ni le voir ni le connaître. Mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure avec vous et qu'il sera toujours en vous. 18Je ne vous laisserai pas seuls comme des orphelins ; je reviendrai auprès de vous. 19Dans peu de temps le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez, parce que je vis et que vous vivrez aussi. 20Ce jour-là, vous comprendrez que je vis uni à mon Père et que vous êtes unis à moi et moi à vous. 21« Celui qui retient mes commandements et leur obéit, voilà celui qui m'aime. Mon Père aimera celui qui m'aime ; je l'aimerai aussi et je me montrerai à lui. »

22Jude — non pas Judas Iscariote — lui dit : « Seigneur, comment se fait-il que tu doives te montrer à nous et non au monde ? » 23Jésus lui répondit : « Celui qui m'aime obéira à ce que je dis. Mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui, mon Père et moi, et nous habiterons chez lui. 24Celui qui ne m'aime pas n'obéit pas à mes paroles. Ce que vous m'entendez dire ne vient pas de moi, mais de mon Père qui m'a envoyé. 25Je vous ai dit cela pendant que je suis encore avec vous. 26Celui qui doit vous venir en aide, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.

 

 

Frères et sœurs,

Il y a qq semaines, nous avons célébré la pentecôte. C'est la fête de l'Esprit, la naissance de l'Eglise.

Mais comme dans bcp d'églises, nous avons l'habitude de revisiter tout au long de l'année les différentes fêtes chrétiennes, ce que l'on appelle l'année liturgique : l'avent, Noël, la semaine sainte, la Crucifixion au ven saint et la résurrection à Pâques... du coup nous oublions presque ou nous réservons juste qq semaines, au moment de la pentecôte pour parler de l'Esprit Saint. Mais depuis la première Pentecote à Jérusalem, nous sommes toujours dans ce temps de la Pentecote, le temps de l'Esprit. Et nous l'oublions souvent... et si nous l'oublions, c'est tout une dimension de la promesse de Jésus dont nous sommes privés.

 

De ces paroles de Jésus, je voudrais retenir ce matin simplement deux choses :

D’abord, faire avec vous l’inventaire de ce que Jésus nous dit au sujet de l’Esprit, de cet avocat.

Et voir comment cela peut rejoindre ou répondre à ce que nous vivons.

Et puis dans un 2e temps, je voudrais revenir sur la promesse fondamentale de Jésus, qui est aussi la vérité fondamentale de ce que cela signifie être chrétien et qui se trouve nichée dans ces paroles de Jésus.

 

1) Ce que Jésus dit de l’Esprit /

Il est l’avocat – mais on pourrait traduire aussi le consolateur, le défenseur ou le conseiller, celui qui se tient à nos cotés… c’est un mot grec parakletos qui est difficile à traduire. Si on s’en tient à l’étymologie, on dira que c’est celui qui est appelé à se tenir à nos cotés, celui qui s’interpose, qui intercède. D’ou le sens d’avocat et de défenseur. Cet avocat la, nous dit Jésus, il va nous être donné par Dieu, envoyé par Dieu, de la part de Jésus. Il va être un autre Jésus pour nous. Et cette promesse s'est réalisée à la Pentecote, pour tous ceux qui sont en Christ.

Son but : nous aider, nous enseigner, nous garder dans la vérité, nous rappeler les paroles de Jésus.

Il est celui qui va en qq sorte prolonger l’action de Jésus, non plus seulement de manière extérieure mais intérieurement. Une autre forme de présence – en esprit.  

Parce que pour nous, comme pour les disciples, le risque c’est d’en rester à une compréhension de Dieu basée sur nos sens, ou sur nos émotions, ou sur nos rituels religieux.

Mais Dieu veut nous apprendre à le saisir en esprit.

C’est pour cela que Dieu se dérobe à nos yeux, à nos oreilles, qu’il se dérobe à nos mains et à toutes nos tentatives de le garder dans des temples, des lieux saints, des objets cultuels, dans lesquels nous croyons qu’il sera obligé de venir, contraint, soumis, à venir parce que nous aurons fait ce qu’il faut. Des grigris, des bouteilles eau bénite, des pendules, des génuflexions ou des incantations. Ou bien la Bible lue comme ci ou comme ca, ou le culte avec un ordre ou sans ordre, ou tel chant ou tel lieu...

 

Car Dieu veut se donner à nous. De la même façon qu’il s’est donné comme Père pour le peuple d’Israël, de la même façon qu’il s’est donné comme Messie pour le peuple Juif, en Jésus, de la même façon qu’il s’est donné à toutes les nations comme Esprit-Saint, le Seigneur, veut continuer à se donner à nous en esprit, pour que nous vivions avec lui et que nous arrêtions d’imaginer que nous pouvons le capturer, le contrôler, le maîtriser.

« Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent le faire en esprit et en vérité », dit Jésus.

Dieu ne veut pas nous laisser dans un état infantile de la foi, il veut que nous grandissions et que notre relation avec lui s’approfondisse et que nous comprenions qu’il est bien plus grand que tout ce que nous pensons ou imaginons.  

 

Désormais dit Jésus, c’est de cette nouvelle manière que je vais être présent pour vous, que je vais être en relation avec vous. Par l’Esprit.

 

2) Et cette relation avec Dieu par l’Esprit, elle a deux axes complémentaires, deux versants de la même promesse fondamentale. C’est le 2e élément que je voulais retenir.

Cette relation est une relation d’amour. C’est le pasteur Alphonse Maillot qui montre que la parole de Jésus boucle sur elle même : Celui qui m’aime gardera mon commandement. Et mon commandement dit Jésus : Aime le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi même. Aimer, c'est garder la parole ; et pour garder la parole, il faut aimer.

 

Oui, mais comme l’écrivait quelqu’un : Jésus nous commande d’aimer, mais on ne peut pas aimer sur commande !

La seule manière de sortir de cette impasse c’est de comprendre cette promesse fondamentale que Jésus nous redit dans ces quelques lignes : je ne vous laisserai pas orphelins.

Notre grande tentation, notre grande blessure, c’est de nous croire, de nous penser, de construire notre vie, nos relations, notre personnalité en nous pensant orphelin. Même si nous ne sommes pas orphelins de nos parents humains… bien souvent nous nous pensons orph de Dieu.

Nous pensons que Dieu nous a délaissés, ou qu'il nous a abandonnés. Ou qu'il est parti.

Même si nous ne pensons pas cela, nous vivons si souvent nos vies comme des orph de Dieu.

Lorsque nous perdons espoir, lorsque nous cherchons des consolations superficielles dont nous savons qu'elles nous font plus de mal que de bien, lorsque nous nous tournons vers d'autres que Lui pour trouver notre valeur, notre raison de vivre, notre source de vie...

 

Jésus nous redit ce matin cette promesse, cette vérité : je ne vous laisserai pas seuls, orph.

Vous n’etes pas des orph. Vous etes des enfants de Dieu votre Père.

Que l'Esprit en nous, nous le rappelle ce matin et enracine en nous cette réalité du Royaume. 

Amen.

 

Prédication 31 août 2014

 

Matt 14, 14-21

Frères et sœurs,

il y a toujours un moment ou nos plus grands élans spirituels sont rejoints par les contingences matérielles...

ce jour la, en Galilée, Jésus a passé sans doute la journée à se préoccuper des personnes qui venaient vers lui : ceux qui venaient chercher un conseil, un regard, un geste de guérison, une parole de réconfort...

Mais il y a un moment où c'est le soir, il est tard, tout le monde a faim.

C'est ce que pensent les disciples... il est temps d'arrêter, il est temps de faire une pause.

Jésus voit les choses différement... même les moments de préparation de repas peuvent devenir des temps d'enseignement, des temps d'expérimentation du royaume.

 

Ce matin, je ne vais pas construire tout une prédication (je suis rentrée de vacances hier soir), mais partager avec vous qq refléxions sur cet épisode bien connu que nous avons lu dans l'évangile de Matt, que nous appellons souvent « la multiplicaiton des pains ». C'est un épisode qui a marqué ceux qui l'ont vécu. Il est présent dans les 4 évangiles, qui sont unanimes.

Unanimes aussi les disciples pour renvoyer la foule, unanimes pour passer un peu de temps tranquille à piqueniquer avec Jésus, unanimes pour répondre à Jésus qui les interpelle que leur petit picnic ne suffira pas, et qu'il est plus raisonnable d'aller chercher des provisions au village.

Jésus va les guider vers une toute autre expérience.

 

Ce que je retiens de ce récit étonnant :

Jésus nous dérange, il nous bouscule dans nos logiques, dans nos habitudes, dans nos calculs.

Ce que Dieu nous demande n'est pas toujours une démarche raisonnable, politiquement correcte, socialement acceptable. Il nous propose un chemin de changement, et nous n'aimons pas les changements. Il nous propose un chemin de transformation du regard... et c'est difficile pour nous de nous laisser transformer.

Mais il le fait non pas par la contrainte ou par une parole de critique ou de jugement, il le fait par une invitation, par une parole qui dit que qqchose est possible, par un encouragement, une vision. « Donnez leur vous-meme à manger. »

 

Jésus invite ses disciples à apporter, à donner ce qu'ils ont. Là encore, on pourrait dire que ca commence de manière un peu rude pour les disciples. Ils doivent abandonner même le peu qu'ils ont et consentir à l'apporter à Jésus. Ici, il s'agit du dîner, mais vous voyez les implications que peut avoir cette démarche. Cela peut aller bien plus loin que le dîner.

Dieu attend de nous que nous lui apportions ce que nous avons et surtout ce que nous sommes, sans rien garder pour nous... ce geste des disciples c'est le contraire du geste d'Annanias et Saphira, dans le livre des Actes, qui apportent tout ce qu'ils ont aux apotres, mais en prélevant une petite part pour eux.

Non ici, Jésus demande aux disciples de tout apporter. Il nous demande de tout apporter. La aussi c'est dur. Jésus nous appelle à la coopération avec lui, même si nous savons que nous sommes bien peu, que nous avons bien peu. Et que tout ce que nous apportons est marqué par nos défauts, nos infidélités, nos maladresses.

Cette démarche demandée aux disciples est le contraire du doute, c'est une démarche de confiance.

 

Frères et sœurs, nous mettons si facilement Dieu dans une boite.

Nous pensons qu'il peut agir mais nous le limitons par nos pensées, par nos peurs, par notre propre vision des choses. Ne cherchons pas notre idée de ce que Dieu veut, mais demandons lui de nous emmener et de nous montrer ce qu'il veut et ce qu'il fait.

Cette année, nous allons vous inviter à entrer dans une démarche d'approfondissement de notre relation avec Dieu, dans une démarche de formation, de croissance, pour chacun, à son niveau. Pour que la parole de Dieu grandisse en nous.  une phrase que j'ai lu avant les vacances et qui m'a bcp travaillée :

Nous ne changerons pas le monde en allant à l'église, nous changerons le monde en étant l'Eglise.

Ce que le Seigneur attend de nous c'est que nous soyons son corps, que nous le rendions visible, palpable, tangible et réel dans le monde. Une année de richesse et de bénédiction nous attend.

Une année où nous allons, avec le CP, avec vous tous, nous mettre à l'écoute de Dieu, nous mettre à son école. 

 

Durant l'été j'ai lu un livre témoignage d'une femme Heidi Baker, qui a fondé une œuvre d'accueil pour des orphelins et des enfants de la rue au Mozambique. Elle et son mari Roland ont écrit plusieurs livres où ils racontent leur expérience, je vous les recommande. Heidi écrit : L'amour n'échoue jamais. L'amour de Dieu en nous, va nous travailler, nous transformer, nous modeler ensemble... et l'amour de Dieu va agir en nous, pour que nous soyons remplis d'amour.

 

Dans le récit de la multiplication, il y a des restes... nourrir 5000 personnes avec 5 pains et 2 poissons, on pourrait penser que Jésus aurait fait les choses avec précision, sans gâcher. Pourtant il y a des restes. Pourquoi ?

pour nous faire comprendre que la parole et la bénédiction de Dieu font naître le partage. Et le partage conduit à la surabondance. Le premier miracle, c'est que les disciples acceptent de donner leur sandwichs à Jésus. Le second, c'est que la foule est nourrie. Le troisième, c'est qu'il y a des restes. Là où les disciples pensaient ne pas avoir assez, il y a trop ! Et s'il y a des restes, cela veut dire que l'histoire ne s'arrête pas là, mais qu'elle peut continuer, plus loin, avec d'autres.  Alors, soyons prevenus : Dieu est imprévisible !  Amen. 

Prédication 20 juillet 2014

PREDICATION

« Je suis LE chemin, LA vérité, LA vie »

 

Textes bibliques : Jean 14, 1-14

1« Ne soyez pas si inquiets, leur dit Jésus. Ayez confiance en Dieu et ayez aussi confiance en moi. 2Il y a beaucoup de place dans la maison de mon Père ; sinon vous aurais-je dit que j'allais vous préparer le lieu où vous serez ? 3Et après être allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai auprès de moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis. 4Vous connaissez le chemin qui conduit où je vais. » 5Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous en connaître le chemin ? » 6Jésus lui répondit : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne peut aller au Père autrement que par moi. 7Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et dès maintenant vous le connaissez, vous l'avez vu. » 8Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père et nous serons satisfaits. » 9Jésus lui répondit : « Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas encore, Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père. Pourquoi donc dis-tu : “Montre-nous le Père” ? 10Ne crois-tu pas que je vis dans le Père et que le Père vit en moi ? Les paroles que je vous dis à tous ne viennent pas de moi. C'est le Père qui demeure en moi qui accomplit ses propres œuvres. 11Croyez-moi quand je dis : je vis dans le Père et le Père vit en moi. Ou, du moins, croyez à cause de ces œuvres. 12Oui, je vous le déclare, c'est la vérité : celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je vais auprès du Père. 13Et je ferai tout ce que vous demanderez en mon nom, afin que le Fils manifeste la gloire du Père. 14Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. »

 

intro... la vérité ?

 

Replaçons-nous un peu dans le contexte de ce passage que nous avons lu.

Jésus est avec ses amis les plus proches, ceux qu'il a appelés ses disciples, ceux qui l'ont accompagné durant 3 années, ceux qui ont entendu ses paroles, qui ont vu ses gestes, qui ont été témoins des rencontres, et des transformations de vie apportées par Jésus. A la veille de son arrestation, et de sa mort, Jésus partage des moments importants avec ses proches, il les prépare à ce qui va arriver.

Dans le fil de cet échange, Jésus dit cette phrase incroyable : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Nul ne vient au Père que par moi

 

J'ai toujours beaucoup aimé cette parole de Jésus... Elle est belle, profonde, simple...

Jusqu'à ce qu'on se mette à réfléchir au sens réel, à ce que Jésus veut dire vraiment.

Et alors, c'est un choc : Quelle parole incroyablement arrogante, qu'elle est difficile à entendre cette parole !! Jésus a la prétention d'être pas seulement un chemin mais LE chemin, LA vérité et LA vie. Nul ne vient... QUE par moi.

Si on s'y arrête quelques instants, c'est une parole insupportable, intolérante – impossible à entendre aujourd'hui dans notre monde où il y a bien d'autres religions, d'autres croyances, d'autres idées. C'est la radicalité, et l'exclusivisme de Jésus qui est difficile à accepter parce qu'il nous fait redouter une forme de fanatisme.

 

Une remarque importante à ce stade notre réflexion : C'est vrai que dans l'histoire du monde, les chrétiens, en se réclamant de cette parole de Jésus, ont souvent été méprisants vis à vis d'autres cultures, violents voire destructeurs vis à vis de ceux qui avaient d'autres opinions, d'autres visions des choses. Nous devons le reconnaître avec humilité. Nous protestants avons tendance à jeter facilement la pierre à l'église catholique, pour les croisades, l'inquisition, la Tour de constance et les guerres de religion. Mais n'oublions pas Luther et la guerre des paysans, Calvin et l'exécution de Michel Servet... nul n'est à l'abri. Ce que l'apôtre Paul dit à sa manière : Tous ont péché et sont privés de la présence de Dieu. (Romains 3, 23) Essayons de réfléchir ensemble tout en restant dans l'humilité.

 

Frères et sœurs, ce matin, je voudrais vous inviter à entrer dans cette parole de Jésus autrement.

Et s'il y avait dans cette parole une force incroyablement libératrice, un sens autre, qu'il nous faut chercher au dela de notre premier mouvement ?

 

Qu'est ce qu'une religion ?

Selon Robert : Ensemble d'actes rituels liés à la conception d'un domaine sacré différent du profane, et destinés à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu. Et Selon Wikipédia : Les religions sont conçues comme des ordres dans lesquels est recommandé ce qu'il faut faire et ce qu'il faut croire.

 

Jésus dit : je suis le chemin. Il ne dit pas : le chemin pour aller à Dieu c'est d'agir comme ceci ou cela, de croire ceci ou cela. Il ne nous enseigne pas un chemin, qui serait le bon chemin, par opposition à d'autres qui seraient mauvais. Il dit : « Je suis le chemin » = ce qui veut dire ce que je désire c'est que tu sois avec moi, près de moi, et moi près de toi. Il n'y a pas un chemin qu'il nous faudrait chercher, un bon chemin, et tant que nous ne l'avons pas trouvé, et bien tant pis pour nous, on est fichu. Jésus est le chemin. Peu importent les circonstances de nos vies, notre histoire, notre passé, notre vécu, nos doutes, il veut être notre chemin.

Un chemin, on marche dessus. Ça n'a rien de flamboyant, un chemin. Ça n'est pas large, parfois, il y a des cailloux, des rochers. Il est le chemin pour nous emmener vers le Père. Il n'y a pas d'acte rituel ou certaines choses qu'il faut faire ou croire, il y a la personne de Jésus. Notre chemin.

 

Jésus ne s'arrête pas là. Il dit : Je suis la vérité.

La vérité ce n'est pas un système de croyances complexes, de doctrines élaborées qu'il nous faudrait apprendre, comprendre et assimiler pour avoir le droit d'entrer en relation avec Dieu. Et attention si nous faisons une erreur, ou si nous comprenons quelque chose de travers. La vérité est une personne. Jésus est la vérité.

Une collègue pasteur luthérienne en Amérique, Nadia Bolz-Weber[1] écrit : « Une idée fausse largement répandue au sujet de la religion et de la foi chrétienne en particulier, c'est que l'essentiel est de faire la différence entre le bien et le mal pour que nous puissions choisir le bien. Mais faire le bien ne m'a jamais rendue libre comme l'a fait la vérité. Jésus ne met pas face à face le bien et le mal, mais la vérité et le mal. » (p.73)  Nous n'aimons pas la vérité parce qu'elle est inconfortable, elle nous révèle qui nous sommes, et nous devons reconnaître que parfois ce n'est pas brillant. Il y bien des choses en nous qui ne sont pas brillantes.

Même si nous faisons beaucoup d'effort pour faire semblant.

La religion agit par un système de culpabilisation. Je dois faire le bien. Et bien souvent, je n'y arrive pas.

Et quand je fais le mal, et quand je me sens suffisamment coupable alors, j'ai besoin d'un acte religieux pour m'aider à me sentir bien à nouveau.

Jésus dit : je suis la vérité. La vérité te rendra libre. C'est tout à fait différent.

C'est de vérité sur nous même dont nous avons besoin, parce que personne ne peut survivre dans le mensonge. C'est invivable, inextricable. Au contact de la vérité, nous pouvons entendre la promesse de Dieu.

 

Jésus dit : je suis la vie.

La vie n'est pas une suite d'actions justes et bonnes qu'il nous faut impérativement accomplir. La vie est le résultat des deux étapes précédentes : Jésus est le chemin, il est la vérité. A son contact, à ses cotés, nous trouvons la vie, nous recevons la vie, la vraie Vie.

Parce que nous ne devons pas nous faire d'illusions : Nous pouvons être vivants physiquement, notre corps vit, nos organes fonctionnent, nous allons au boulot tous les jours, ou nous faisons nos activités... mais nous pouvons être morts intérieurement. Le problème de l'être humain, ce n'est pas ce que nous faisons à l'extérieur, c'est le cœur. Comment est notre cœur ?

Voici une promesse que Dieu fait à son peuple : j’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair.

Qui peut vivre avec un cœur de pierre ?

Qui peut transformer notre cœur sinon celui qui s'est donné et nous a prouvé qu'il avait un cœur pour chacun, même pour les plus petits, ceux que l'on considérait insignifiants, méprisables, invisibles, (pour ceux qui sont contre l'aéroport, ça c'est pour ceux qui sont pour –  pour ceux qui sont pour, ça c'est pour ceux qui sont contre), un cœur de chair pour l'humanité.

    

Jésus dit : je suis le chemin, je suis la vérité, je suis la vie.

C'est une parole totalement déroutante, totalement radicale c'est vrai, mais aussi totalement libératrice.

Il ne nous demande pas d'adhérer à une religion, il nous invite à vivre avec lui et lui avec nous. Amen.



[1]    Pastrix, Nadia Bolz-Weber.

Prédication 23 novembre 2014

I samuel 23, 1- 15 / Psaume 63

 

Frères et sœurs,

Ce matin, cet épisode de David, qui est évoqué en arrière plan du psaume 63 et le ps 63, viennent nous apprendre ou nous rappeler une réalité essentielle de la vie que Dieu nous propose, de la relation qu'il nous invite à construire avec lui.

 

Souvent nous pensons que notre vie est un peu comme Koh Lanta et qu'elle devrait être comme la croisière s'amuse. Nous pensons que la vie à laquelle Dieu nous appelle, c'est d'arriver, un peu comme un jeu de l'oie à franchir toutes les cases pour parvenir enfin au top, au summum de la foi, qui ressemblerait à une plage des Caraibes, sous les cocotiers, avec notre boisson préféré dans un grand verre et nous les pieds dans l'eau.

 

Et quand Nous avons des moments de doutes, qd nous traversons des epreuves inattendues, qd nous rencontrons des oppisitions, des obstacles, nous pensons qu'il ya qqchose qui ne va pas. Nous pensons que peut-etre nous avons fait une erreur, que nous avons manqué de fidélité, que nous avons loupé qqchose, que notre foi n'est pas aussi solide que nous le pensions. Ou que Dieu n'est peut être pas si présent que ça...  

 

L'histoire racontée dans le 1er livre de Samuel et le Ps 63 viennent mettre en lumière une réalité importante.

La vie avec Dieu n'est pas l'elimination de nos epreuves, ou de nos doutes.

 

David agit avec fidélité envers Dieu. Il cherche la volonté de Dieu avant d'agir, il persévère même quand ses compagnons se découragent et essayent de le faire changer d'avis. Et en même temps il est poursuivi par Saul qui cherche à le faire mourir pour se débarrasser de lui.

Le livre de Samuel nous raconte l'épisode et Le psaume nous permet d'entrer un peu dans l'intime du cœur de David et d'entendre sa prière.   

 

Ce que nous entendons ici, ce n'est pas l'histoire d'un héros de la foi ou d'un superman de la confiance en Dieu, non c'est le témoignage d'un homme semblable à nous, qui a choisi de vivre avec Dieu plutot que sans lui. Un homme qui a vécu des victoires et éprouvé la fidélité de Dieu qui a répondu à sa prière à 2 puis 3 reprises. Et qui en même temps, est attaqué, pourchassé et découragé.

 

"O Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche…" N'est-ce pas là une prière qui pourrait ressembler à la notre ? Ce qui nous rappelle la parole autrefois adressée à Jésus : "Je crois. Viens au secours de mon manque de foi." (Mc 9, 24)

 

Vous l'avez entendu dans le psaume : l'auteur oscille entre des paroles d'appel au secours et des paroles de louange et de confiance. Entre des paroles qui demandent une intervention de Dieu et même une vengeance contre des ennemis et une parole de confession de foi.

 

Avec ce psaume, je voudrais que nous recevions une parole d'encouragement du Seigneur :

si nous vivons nous aussi une vie en oscillation entre des moments ou nous percevons que Dieu est la tout proche, et d'autres moments (souvent bcp plus nombreux) où nous sentons comme une terre arride, desséchée, cela ne veut pas dire que nous avons un pb de foi, que nous manquons de foi.

 

Attention, nous sommes tous invités, appelés à laisser notre confiance en Dieu grandir de jour en jour.

Nous sommes tous invités à expérimenter concrètement cette confiance dans toutes les circonstances de nos vies, mais lorsque nous traversons des hivers, des temps de désert, des moments ou réfugiés comme David dans une grotte nous crions notre désarroi à Dieu, cela ne veut pas dire que nous nous sommes trompés, ou que nous sommes infidèles ou que nous avons un pb. Cela veut dire que nous sommes des hommes et des femmes qui vivent cette tension de la vie chrétienne, entre ce à quoi nous aspirons et ce qui est notre vie quotidienne.

 

Notre relation d'amour avec Dieu est // à une relation de couple, à ce que nous sommes appelés à vivre dans le mariage. Dans les 1ers temps, il y a la passion amoureuse qui domine et qui nous enflamme... puis il y a la construction du couple. Et le quotidien qui est moins glamour. La relation d'amour que nous sommes appelés à vivre avec Dieu, comme avec notre conjoint, ce n'est pas seulement le glamour, le sentiment. C'est l'engagement. C'est le sentiment qui conduit à l'engagement et qui construit et nourrit l'engagement. Puis c'est l'engagement qui nourrit et soutient l'amour et lui permet de grandir et de se renforcer.

 

Lorsque nous traversons les moments de désert, de découragement, ne pensons pas que nous ne sommes pas dignes ou que notre foi a un pb. Relisons le ps 63, et tant d'autres, pour dire avec les mots de David : O Dieu tu es mon Dieu, je te cherche. Amen.